Pourquoi les "flingages" augmentent à Marseille depuis janvier

FAITS DIVERS
STUPEFIANTS - Vingt-et-une personnes sont mortes depuis le début de l’année dans des règlements de compte dans les Bouches-du-Rhône, soit huit de plus qu’à la même période l’an passé. Des chiffres que nous nous sommes procurés auprès des policiers marseillais.

Le retour des "barbecues marseillais" ? Marseille à " feu et à sang " ? Les deux morts par balles de la nuit de mercredi à jeudi ravivent les craintes d’un regain de tension dans la cité phocéenne. Selon les chiffres de la police auxquels LCI a eu accès, 21 individus sont morts au cours de 19 règlements de compte depuis janvier dernier dans la région de Marseille. C’est huit victimes de plus que l’année dernière, précise à LCI une source policière. Comment expliquer cette augmentation ?

Marseille n'est pas à feu et à sangLaurent Nunez, préfet de police des Bouches-du-Rhône

  • 1L’activité policière

    Une des premières explications est l’effort des services de police dans la lutte contre les trafics de stupéfiants. Il a eu l'effet d'un coup de pied dans la fourmilière en mettant les dealers sur les nerfs. D’après les chiffres que nous nous sommes procurés, le nombre de mis en cause dans les affaires de stupéfiants ont augmenté de 50% depuis le début de l’année par rapport à la même période, l’année dernière. A ce jour, 42 réseaux ont été démantelés, le dernier datant de mercredi avec la saisie de 74.000 euros, 6 armes automatiques et trois interpellés dans une cité marseillaise. Par ailleurs, selon nos informations, 283 armes ont été saisies depuis janvier. Contre 156 au même moment en 2015.
  • 2Guerres claniques

    "Nous constatons des matchs allers-retours entre des clans", détaille une source policière. Actuellement, les enquêteurs relèvent que les 'Blacks" et les "Gitans" se livrent une guerre sans merci dans la cité phocéenne afin de conserver la maîtrise territoriale de la vente de drogue. "En août, on a constaté au moins deux règlements de comptes liés ce type de querelles", poursuit auprès de LCI une source policière. Pour les deux autres "flingages", il pourrait s’agir des conséquences du démantèlement d’un réseau de dealers. "Au cours des auditions, on obtient des aveux. Ça peut entraîner des vengeances", avance auprès de LCI Bruno Bartocetti, délégué syndical d'Unité-SGP-Police.
  • 3Des règlements de compte évités

    Le nombre de règlements de comptes auraient pu être bien plus important. Selon nos informations, huit ont été évités par les policiers grâce à des interpellations en amont de l’action, sur la base d’associations de malfaiteurs. Par ailleurs, l’autorité policière a installé depuis lundi une compagnie de CRS sur la voie publique.
  • 4Révélateur du niveau de violences ?

    Sollicité par LCI, le préfet de police des Bouches-du-Rhône, Laurent Nunez, ne nie pas l’augmentation des règlements de compte. "Les homicides, qui n’ont rien à voir avec les règlements de compte, sont en baisse de 64 % depuis le début de l’année. On est passé de 28 en 2015 à 10 en 2016 sur la même période. Les règlements de compte ne sont donc pas révélateurs du niveau de violences", explique-t-il. Il conclut : "Marseille n’est pas à feu et à sang."

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