Prison de Borgo : l'agresseur présumé de deux surveillants mis en examen pour "tentatives d'assassinat"

Prison de Borgo : l'agresseur présumé de deux surveillants mis en examen pour "tentatives d'assassinat"
FAITS DIVERS

FAIT DIVERS - Morad D. 28 ans, auteur présumé de l'agression de deux surveillants, vendredi 19 janvier à la prison de Borgo en Haute-Corse, a été mis en examen ce dimanche pour "tentatives d'assassinat". Les deux victimes, toujours hospitalisées, se sont vues prescrire 15 jours et 45 jours d'ITT.

L’auteur présumé de l’agression de deux surveillants survenue vendredi 19 janvier dans la salle commune de la prison de Borgo (Haute-Corse) a été mis en examen pour "tentatives d’assassinat ", a fait savoir ce dimanche la procureure de la République de Bastia, Caroline Tharot. Un mandat de dépôt a été décerné à son encontre. 

Quatre autres personnes avaient été placées en garde à vue dans le cadre des investigations menées. Parmi elles, trois détenus soupçonnés d’avoir aidé l’auteur présumé, Morad D., 28 ans dans la commission des faits et la compagne de ce dernier, interpellée à Bourg-en-Bresse (Ain) soupçonnée de lui avoir fourni l’objet tranchant qui a servi à agresser les deux surveillants. "Les investigations ne nous ont pas permis de caractériser à ce stade une quelconque participation. Les trois détenus ont regagné leur cellule et la compagne du suspect est laissée libre",  indique la procureure à LCI.

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" L’objet tranchant n’a pas été retrouvé"

La scène de la violente agression a été filmée. "L’exploitation de la vidéosurveillance a permis d’établir une chronologie minutieuse de l’agression des deux surveillants", ajoute la magistrate.

Concernant l’arme blanche utilisée,  "la vidéo du centre de détention permet de déterminer que la personne mise en examen était porteuse au moment des faits de quelque chose qui ressemblerait plutôt à une lame métallique sans autre précision à ce stade, souligne la procureure. L’objet utilisé n’a pas été retrouvé."

"Enervé par une fouille"

Selon nos informations, au cours de sa garde à vue, Morad D. n’aurait "fait aucune déclaration par rapport à l’arme". "Il a largement évolué dans ses déclarations en reconnaissant parfaitement au début être le seul responsable des faits. Pour, à la fin de sa garde à vue, finalement déclarer qu’il n’était même pas porteur d’une arme", poursuit la procureure. 

"Sur ses motivations, l’intéressé dit qu’il était très en colère suite à une fouille de sa cellule qui a été réalisée la veille des faits. Ça l’aurait énervé, agacé, et motivé à agir. Ce sont les seules explications qu’il donne pour l’instant". 

Dès ce vendredi, cette agression avait été qualifiée "d'attentat" par le syndicat FO-Pénitentiaire. "On essaie de cacher les choses. L’acte  qui a été commis vendredi matin est un attentat. Il faut appeler un chat un chat, affirme Raphaël Barallini, délégué régional contacté par LCI ce dimanche. Le détenu a crié Allah Akbar, il portait un drapeau sur les épaules. Il y a eu de nombreux coups de couteau portés par cet homme sur les surveillants, onze dans le dos et trois dans la tête. Ces faits sont très graves, c’est du terrorisme".

"L'agresseur  présumé faisait l'objet d'une enquête de radicalisation mais rien, à ce stade, ne nous permet de considérer qu’il s’agisse d’un acte terroriste. Bien évidemment, si les investigations devaient mettre en évidence d’autres motivations, notamment terroriste, la qualification ne sera évidemment pas exclue", conteste Caroline Tharot. 

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Les deux surveillants toujours hospitalisés

Interrogée sur l’état de santé des deux surveillants, toujours hospitalisés, la magistrate informe qu’il serait  "stable" et précise qu’il n’’y a "jamais eu de pronostic vital engagé comme cela a pu être dit". "Les deux victimes ont bénéficié, à ce stade, pour le premier surveillant blessé, de 15 jours d’ITT, et pour le second, de 45 jours d’ITT, ces jours d’ITT étant fixés sous réserve d’éventuelles complications à venir". Conscients, les deux surveillants ont pu être interrogés sur les faits dont ils ont été victimes.

Morad A., lui, a quitté la Corse pour être écroué sur le continent. Morad D. purge actuellement une peine de huit ans de prison, prononcée en appel en 2015,  pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. 

Les blocages continuent

Le centre pénitentiaire de Borgo était toujours lui bloqué dimanche par les surveillants, ont indiqué la procureur et le ministère de la justice. L'agression de Borgo a de nouveau tendu les négociations autour des questions de sécurité dans les établissements pénitentiaires. 

Les syndicats unanimes, ont rejeté les propositions du gouvernement et annoncé un nouveau "blocage total" des établissements lundi.

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