Procès Agnelet : nouvelle enquête sur fond de guerre familiale

Procès Agnelet : nouvelle enquête sur fond de guerre familiale

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JUSTICE - Une confrontation s'est déroulée mercredi à Rennes au procès de Maurice Agnelet entre son ex-femme, Annie Litas, et Guillaume, l'un de leurs fils. Celui-ci affirme que son père a tué sa maîtresse Agnès Le Roux en 1977 en Italie, où une enquête a été ouverte.

"Ce qui tue plus que la vérité, c’est le secret. Moi, j’ai passé plus de 30 ans de ma vie dans le secret". Sans un regard vers le box des accusés où siège son père Maurice Agnelet, Guillaume est revenu mercredi à la barre des assises d'Ille-et-Vilaine. Le tribunal où, deux jours auparavant, il avait fait vaciller 36 ans de procédure en apportant pour la première fois des détails sur le meurtre présumé d'Agnès Le Roux dont son père est accusé. Des révélations fracassantes qui ont poussé le président à réunir les membres du clan pour une douloureuse confrontation.

A l'ouverture des débats à Rennes, le président a déroulé les confidences que Guillaume Agnelet avait recueillies auprès de ses parents : l'histoire d'un homme, Maurice, qui serait parti en 1977 à Monte cassino en Italie pour faire du camping sauvage avec Agnès Le Roux. Durant la nuit, il aurait abattu d'une balle dans la tête la jeune femme de 29 ans, jeté son corps dans les sous-bois et l'arme par dessus un pont. "Je harcelais ma mère tous les jours pour que la "vérité" sorte", a également lâché Guillaume, en larmes à la fin de son audition. Sauf que cette thèse ne tient pas la route selon sa mère, Annie Letas.

"Pour moi ça n'a jamais existé"

Poussée dans ses derniers retranchements par le président de la cour, l'avocat de la famille Le Roux et l'avocat général, cette femme de 72 ans a réfuté les propos de son fils. "Je trouve ça totalement irréaliste et rocambolesque", a-t-elle assuré lors d'une visioconférence depuis Périgueux. Hier soir, elle est même allé jusquà envoyer un courriel menaçant à Guillaume : "Tu vas pouvoir dormir tranquille avec la mort de ta mère sur la conscience." Même ligne de défense du côté de l'inflexible Maurice Agnelet, qui a de nouveau nié devant la cour avoir tué la riche héritière niçoise. "Je partage l'avis de sa mère : il est en souffrance". Isolé par ses parents, Guillaume a également fait face au témoignage de son frère. Thomas, de 3 ans son cadet, a en effet soutenu l'innocence de leur père : "Pour moi ça n'a jamais existé".

S'il suscite la défiance des siens, Guillaume Agnelet a, par ses déclarations spontanées, rebattu les cartes de ce procès hors norme. Preuve de la crédibilité accordée à son témoignage, les carabiniers italiens ont ouvert mercredi une enquête. "Nous effectuons une enquête préliminaire dont les résultats seront communiqués au parquet local", a déclaré le chef des carabiniers de Cassino. Ce dernier aurait réclamé l'accès à plusieurs pièces du dossier qui, plus de trois décennies après les faits, n'est pas prêt à se laisser refermer.

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