Procès Bettencourt : ce très "cher" ami François-Marie Banier

Procès Bettencourt : ce très "cher" ami François-Marie Banier

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JUSTICE - Il est le principal prévenu du procès Bettencourt. Ex-confident de la milliardaire, le photographe mondain François-Marie Banier, accusé d'abus de faiblesse, a dû s'expliquer ce lundi sur les nombreux cadeaux de l'héritière de L'Oréal.

Il aimerait ne parler que d'art, de littérature. Le voici contraint à parler d'argent. "C'est si bas", ose glisser à la barre François-Marie Banier, interrogé par le tribunal de Bordeaux ce lundi. Il va pourtant bien devoir s’y résoudre. Car, pendant cette deuxième semaine du procès de l'affaire Bettencourt , le photographe et ex-confident de la milliardaire Liliane Bettencourt doit s'expliquer sur les quelque 450 millions d'euros qu'il aurait reçus de l'héritière de L'Oréal entre 2006 et 2009. Une période durant laquelle, selon les médecins, Liliane Bettencourt souffrait de "démence mixte". Avec dix autres prévenus, il est aujourd'hui soupçonné d'abus de faiblesse sur la vieille dame.

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François-Marie Banier a eu beau parler d'"amitié normale" avec la milliardaire, les chiffres donnent le vertige. A partir de 1997, et chaque année depuis, "le Père Noël passe", résume avec un sourire en coin le président du tribunal, Denis Roucou. Qui énumère les dons de l'héritière à son ami Banier. Comptes courants cédés, remises de chèque... 1997 : plus de 9 millions de francs. 1999 : 17 millions. 2006 : 33 millions d'euros. 2007 : 132 millions d'euros. Sans parler des objets d'art, dont des tableaux de maître, pour un montant total de 126 millions de francs. "Oui, ces sommes paraissent énormes, mais cela lui procurait la plus grande joie", se défend François-Marie Banier, qui disserte sur le "chemin artistique" de leur amitié. Et interroge : "Quel est le prix du bonheur ?"

"On n'est pas au spectacle !"

Mains jointes dans le dos, le costume toujours bien coupé, il envoie du Proust, de l'Aragon et du Stendhal, là où les juges attendent du chiffre. "Mon amitié avec Liliane, je ne l'ai pas chiffrée", rétorque-t-il. "Elle m'a donné beaucoup, je le sais. Mais quand Aragon écrivait huit cents pages au lieu de cent, c'est trop pour certains, mais on ne demande pas d'explication", répond-il. Cette amitié à coups de millions qui ne serait motivée que par le goût de l'art semble peu convaincre le tribunal. "Cela confirme ce que je sais depuis Yves Saint Laurent et Cardin, entre l’artistique et le juridique il y a un fossé", cingle le photographe.

Au bout de plusieurs heures d'interrogatoire, l'ambiance se tend. Banier n'est plus le showman de la semaine passée. Cuisiné sur des contrats d'assurances-vie souscrits par Liliane Bettencourt (qui lui léguerait d'abord 300 millions de francs puis 262 millions d'euros), l'écrivain bafouille. Cherche ses mots. "C'est elle qui décidait de tout", martèle-t-il. Le président lui agite alors sous le nez la signature tremblante de Liliane Bettencourt. "Est-ce la trace de quelqu'un qui est en parfait état ?" Silence.

Et que dire de ce mot retrouvé chez lui, où la milliardaire assure qu'elle "décide toute seule" pour les assurances-vie, qu'il n'y a pas de "forcing" : “N'est-ce pas vous qui lui avez suggéré de l'écrire ? Pourquoi le garder ainsi précieusement ?” “C'est une note d'écrivain”, tente Banier. Gloussements dans la salle. “On n'est pas au spectacle, finit par s'agacer un avocat, face aux réponses évanescentes de l'artiste. Il faut répondre aux questions qui fâchent.” A l'issue de cette longue journée, pourtant, encore peu de réponses.

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