Procès Bettencourt : Eric Woerth, l'ex-ministre qui voulait se faire tout petit

Procès Bettencourt : Eric Woerth, l'ex-ministre qui voulait se faire tout petit

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JUSTICE - L'ex-ministre du Budget Eric Woerth s'était fait très discret jusqu'à lundi à Bordeaux, où se tient le procès Bettencourt. Soupçonné de recel, l'ancien trésorier de l'UMP espère vite tourner la page de cette affaire, à l'instar de son ancien patron Nicolas Sarkozy, qui a bénéficié d'un non-lieu. Son avocat a sonné la charge ce lundi.

Son absence était très remarquée. Elle faisait d'ailleurs l'objet d'une attention toute particulière des médias, bien présents, eux, au tribunal de Bordeaux. Eric Woerth, ancien ministre du Budget, n'est apparu que deux jours depuis le début du procès Bettencourt qui se tient depuis le 26 janvier à Bordeaux. Sur le banc des prévenus, qui compte dix hommes, l'ex-trésorier de l'UMP était le seul qui manquait à l'appel. On ne compte pas, évidemment, l'ex-infirmier de la milliardaire Alain Thurin et ni l'ancien gestionnaire de l'île d'Arros aux Seychelles, Carlos Vegarano, tous deux absents pour raisons de santé.

Mais ce lundi après-midi, l'ancien ministre était bien à Bordeaux. Il ne pouvait en être autrement : il était en effet question, pour la première fois, des fameux 50.000 euros en liquide que lui auraient remis l'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre , en 2007. Eric Woerth était alors trésorier de la campagne de Nicolas Sarkozy, lancé dans la course à la présidentielle. L'ancien chef d'Etat, un temps mis en examen, a finalement été mis hors de cause. Mais son ex-ministre du Budget lui, reste soupçonné de recel. Et porte donc désormais, à lui seul, toute la dimension politique de l'affaire sur le dos.

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"Peut-être y avait-il de l'argent sous le tapis ?"

Dans le sillage de son ancien patron, Eric Woerth, aimerait visiblement bien aussi s'éclipser de ce dossier. A son avocat la charge, donc, de "faire disparaître" ces 50.000 euros. C'est l'ancienne comptable de la milliardaire, Claire Thibout, qui affirme avoir donné cette somme au gestionnaire, qui l'aurait lui-même transmis à Eric Woerth. Les deux hommes nient en bloc. Mais elle persiste. Alors quand un expert judiciaire, auditionné à la barre ce lundi, a souligné des zones d'ombres dans la comptabilité tenue par Claire Thibout, l'avocat du ministre a saisi la balle au bond. Sans être invité à s'exprimer, sans micro, Me Le Borgne s'est avancé vers l'expert. Et c'est avec sa voix de stentor (ses confrères disent de lui qu'il a la plus belle voix du barreau de Paris) qu'il a ouvert le chapitre Woerth-Bettencourt du procès.

Sa démonstration se veut implacable. L'avocat rappelle d'abord que le 18 janvier 2007, Claire Thibout a retiré 50.000 euros en liquide. C'est le plafond de retrait hebdomadaire. Et cette semaine-là, il y avait 64.000 euros en liquide dans la caisse des Bettencourt. Pourquoi aurait-elle effectué ce retrait si elle disposait d'assez au coffre ? A moins qu'elle avait besoin de plus de liquide ? "Le 26 janvier, André Bettencourt (époux de Liliane) a perçu 100.000 euros en liquide, a affirmé Me Le Borgne. Il a signé le reçu." En clair, soit c'est André Bettencourt qui a reçu ces liquidités, soit c'est Eric Woerth. Mais les deux, c'est impossible, assure l'avocat. Qui se permet d'ironiser : "Peut-être y avait-il de l'argent sous le tapis ? En tout cas, l'expert ne l'a pas vu !"

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Claire Thibout aurait-elle menti ? Ce témoin-clé de l'affaire est mis en examen pour faux témoignage à Paris. Reste à l'avocat une dernière cartouche à tirer. Et ce sera mardi. Diagnostiquée en état de "tension anxio-dépressive", incompatible avec une audition à Bordeaux, l'ex-comptable sera entendue en visio-conférence. Elle a "peur de cette audition", assure Me Le Borgne dans les couloirs du tribunal. Lui attend, l'oeil au viseur. Même à distance, il ne veut pas rater son coup.

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