Procès d'Echirolles : 10 à 20 ans de prison, des réquisitoires très critiqués

Procès d'Echirolles : 10 à 20 ans de prison, des réquisitoires très critiqués

FAITS DIVERS
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JUSTICE - Des peines de 10 à 20 ans de réclusion ont été requises lundi devant les assises de l'Isère à l'encontre des 12 accusés de 19 à 24 ans jugés pour le meurtre de Kevin et Sofiane en 2012 à Echirolles. Un réquisitoire qui ne satisfait ni les parties civiles, ni la défense.

L'avocat d'un accusé a dénoncé "une peine injuste", tandis que du côté des familles des victimes, on juge le réquisitoire "incompréhensible". Les peines de 10 à 20 ans de réclusion requises lundi contre les douze accusés du meurtre de Kevin et Sofiane en 2012 à Echirolles (Isère) ne satisfont ni la défense ni les parties civiles.

L'avocat général se ravise

Ouvert le 2 novembre, le procès se tient à huis clos devant la cour d'assises de l'Isère, deux des accusés, âgés de 19 à 24 ans, étant mineurs au moment des faits. Tous les prévenus sont jugés pour le double meurtre de Kevin, étudiant en master de 21 ans, et Sofiane, éducateur de 22 ans, dans un parc d’Échirolles, près de Grenoble, le 28 septembre 2012.

Lundi, l'avocat général a d'abord requis 25 ans de réclusion à l'encontre d'Ilyes T., 21 ans, accusé d'avoir porté des coups de couteau, avant d'être interrompu par le président de la cour d'assises qui lui a fait remarquer que c'était une "peine impossible". S'il ne requiert pas la peine maximale pour meurtre (30 ans), le ministère public est en effet tenu de descendre à 20 ans de réclusion. L'avocat général s'est donc ravisé pour finalement requérir 20 ans de réclusion à l'encontre d'Ilyes T., condamné en 2012 pour avoir poignardé le vigile d'un supermarché et qui était sorti de prison treize jours avant la rixe mortelle. Il a ensuite requis la même peine à l'encontre de Constant M. W., 23 ans, lui aussi accusé d'avoir porté des coups de couteau mais qui comparaissait libre et n'avait pas d’antécédents judiciaires.

"Hallucinant"

A un moment donné, la répression doit être lisible. Or, je n'ai pas le sentiment qu'elle le soit", a critiqué Me Francis Szpiner, avocat des familles des victimes, en dénonçant "l'incohérence du ministère public". Le ténor du barreau de Paris a ainsi trouvé "hallucinant" que le ministère public réclame dix ans de prison à l'encontre de Bérat K., 22 ans, accusé d'avoir tenté de donner un coup de poing. Soit autant que contre Mohamed E., 23 ans, "celui par qui tout arrive". Dans sa plaidoirie, Me Szpiner avait d'ailleurs estimé que Bérat K. devait être acquitté au bénéfice du doute, n'étant confondu que par "la parole d'un coaccusé qui était revenu sur ses déclarations".

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Les avocats de la défense ont aussi critiqué une échelle des peines prenant trop peu en compte les responsabilités et le parcours de chacun : "Ça ne rime à rien, c'est beaucoup trop resserré", a pointé Me Joëlle Vernay, avocate de deux accusés. Pour le reste, le ministère public a retenu le principe de la "co-action", comme lors de l'instruction, estimant que tous devaient être condamnés pour meurtre, chacun des accusés ayant contribué à la mort des victimes en les affaiblissant par des coups, ou simplement en empêchant Kevin et Sofiane de fuir ou de recevoir de l'aide. Un principe critiqué par les avocats de la défense, qui y voient une forme de "responsabilité collective" et estiment que seuls les auteurs des coups de couteau mortels devraient être condamnés pour meurtre. Le verdict ne devrait connu qu'en fin de semaine ou en début de semaine prochaine.

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