Procès des amants diaboliques : à la barre, le mari raconte le crime (et charge sa maîtresse)

Procès des amants diaboliques : à la barre, le mari raconte le crime (et charge sa maîtresse)

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COMPTE-RENDU D’AUDIENCE - Didier Barbot, aux assises de Nantes, a livré jeudi sa version des faits, lui qui est accusé d'avoir assassiné sa femme. Une version légèrement différente des précédentes mais où reste une constante : c'est sa maîtresse, Stéphanie Livet, qui aurait mené le crime. Lui n’aurait eu qu’un rôle secondaire.

Les familles attendaient beaucoup de cet interrogatoire. Assis côte à côte sur les bancs du public, mouchoirs en papier à la main, les proches de Didier et d'Anne Barbot s’accrochent depuis le début des audiences à cette journée de jeudi, censée faire enfin éclater la vérité. Car les questions, depuis la découverte du corps carbonisé d'Anne dans une forêt de Loire Atlantique, restent en suspens. Qui, de Didier Barbot ou de sa maîtresse Stéphanie Livet, a fomenté le scénario de l’assassinat ? Qui a commis le geste fatal ? Mais face à ces interrogations cruciales, les réponses données dans la matinée par le co-accusé paraissent bien évasives.

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Ce soir du 15 mars 2013, Didier Barbot prétend qu’il est malade. Il attend, caché dans les toilettes, que sa maîtresse entre dans le garage par une porte-fenêtre laissée ouverte et qu’elle coupe le courant pour attirer Anne. "On avait décidé ça deux jours avant" précise-t-il à la cour, ne laissant ainsi plus aucun doute quant à la préméditation. Le reste, prétend l’agriculteur, fan des "Experts" et de séries policières, n’est qu’improvisation. "Stéphanie attendait derrière la porte avec une galettoire (sorte de poêle utilisée pour les crêpes, ndlr), posée dans le garage. Elle devait tuer Anne. Mais ça n’a pas marché, elle n’a pas dû frapper comme il fallait" précise-t-il. C’est donc Stéphanie Livet, du haut de son mètre cinquante-deux, qui devait assommer Anne Barbot, quatre-vingt dix kilos. Le tribunal n’y croit pas et pourtant, l’accusé continue : "Moi, j’étais incapable de frapper ma femme."

"J'ai bu des cafés pendant un quart d'heure"

Dans la maison, un cri résonne. C’est Anne, qui crie : "Didier, y’a quelqu’un !" Lui sort alors de sa cachette, pénètre dans la garage et trouve les deux femmes qui s’empoignent dans l’obscurité. Il se saisit d’une bûche de bois et assène un coup sur le sommet du crâne de son épouse. Elle s’écroule, mais son pouls bat encore. "Alors, Stéphanie a pris une corde, qui servait à faire des fagots de bois. Et elle l’a étranglée. Moi je pouvais pas voir ça, j’ai fui dans le salon. J’ai bu des cafés pendant un quart d’heure." Puis, vient le moment de cacher le corps. Qui décide de le brûler ? "C’est Stéphanie", assure-t-il. A l’entendre, Didier Barbot ne serait resté que spectateur du crime. Et pourtant, c’est lui qui place un carton sous la tête de sa femme, pour éviter que le sang sur le sol du garage ne les trahisse. Encore lui qui hisse le corps d'Anne dans le coffre de la voiture, conduit jusqu’à la forêt et asperge le tout d’essence. Avant de craquer l’allumette, l’accusé ouvre à nouveau le coffre. "J’avais besoin de regarder", dit-il.

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Le plan, ensuite, est de laisser croire à une disparition. Et tout ça pour quoi ? "Pour vivre notre petite vie à deux, avec Stéphanie. Un an après, environ, on aurait pu s’installer ensemble. Les gens de la commune n’auraient pas trouvé ça bizarre", détaille Didier Barbot à la barre. Un argument, là encore, qui laisse sceptique. Car si Stéphanie Livet apparaît à l’audience encore très amoureuse de son amant, lui ne montre aucune émotion. Il avoue ne plus trop savoir "où il en est" dans ses sentiments et être agacé, dès 2013, par les appels incessants de sa maîtresse, "trop possessive". "Etes-vous sûr qu’en frappant avec la bûche, vous ne vous êtes pas trompé de cible ? Ce n’est pas Stéphanie Livet que vouliez faire disparaître ?", ose la présidente.

Dans la salle, un murmure se fait entendre. Didier nie fermement, mais dans l’esprit de chacun, il y a bien l’idée que tout est possible. Peu de temps avant le procès, Didier Barbot a envoyé plusieurs lettres à ses proches, pour leur dire "ne croyez pas ce que je dirai au tribunal. Je dirai ce qu’ils veulent entendre. Ils auront gagné, les juges, les flics et les médias."

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