Procès du Carlton : Dodo la Saumure entre en scène

Procès du Carlton : Dodo la Saumure entre en scène

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JUSTICE - Dominique Alderweilreld était appelé jeudi matin à la barre du tribunal correctionnel de Lille, où il est poursuivi pour proxénétisme aggravé dans l'affaire du Carlton. Comme à son habitude, ce personnage truculent qui aime les bons mots a tenté d'amuser l'assistance.

"Ah le voilà !", s'exclame le président. Ce jeudi, c'était au tour d'un sacré oiseau de nuit de faire son entrée dans le procès du Carlton . De son vrai nom Dominique Alderweilreld, Dodo la Saumure est connu comme le loup blanc. Il faut le voir saluer son petit monde quand il débarque en retard au tribunal de Lille pour comprendre que le maquereau de Belgique est un homme de réseaux. C'est pour celui de l'hôtellerie de luxe qu'il comparaît avec sa compagne Béa. 

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Le tenancier de maisons closes fête ses 66 ans à la barre. Son casier fait état de 14 mentions dont deux pour proxénétisme. Il en encourt aujourd'hui une troisième. "J'ai fait une licence de droit. Mais j'ai du mal à comprendre les règles. J'aurais dû faire la maîtrise", ironise-t-il quand on déroule son pedigree. "Maison d'abattage, boucherie... Les gens disent beaucoup de mal de vos établissements", poursuit le président. Dodo dodeline de la tête. Avant de rejouer, un peu plus crispé, son refrain préféré : "Mes filles sont indépendantes. Mes contrats sont les plus favorables de Belgique (…) Les prostituées qui travaillent dans la rue, devant ce Palais de justice, vous croyez que c'est pas de l'abattage ?"

Il envisage d'ouvrir le bar "FMI"

Le tribunal l'interroge sur l'établissement DSKlub : "Je l'ai fermé". "C'était de la provocation?" : "Non une politique commerciale. Mais je perdais de l'argent". Il envisage d'ouvrir le bar "FMI" (famous miss international). Dans la salle d'audience, l'homme amuse et s'amuse. René Kojfer, ancien chargé des relations publiques du Carlton, est appelé. Les deux hommes, amis de longue date, sont soupçonnés d'avoir mis en place un réseau de prostitution dans l'établissement de luxe. "Vous vous aimez bien ?", demande le président à Dodo. "Je l'appelle Judas, bouffon de Lille ou monsieur 3 minutes". Dodo se marre, René sourit. Jade siffle la fin de la récréation.

L'ancienne prostituée raconte l'envers du décor. "Une douzaine de filles vivaient entassées dans une salle du club, j'ai choisi la cave pour éviter la promiscuité. Lorsque le client sonnait, je remontais. On était exposées comme de la viande. Il fallait une certaine variété pour qu'il fasse son marché : des blondes, des brunes, des noires, des asiatiques". Dodo encaisse mal. C'est pourtant lui "qui paye" les filles, assure Jade. De l'ordre du 50/50. "C'est lui le patron, c'est lui qui essaye les nouvelles filles", poursuit-elle. "Pour vérifier quoi ?", demande faussement naïf le procureur. "Pas forcément pour tester son quotient intellectuel", réplique du tac-au-tac la jeune femme. L'accusé conteste vigoureusement le "droit de cuissage". Tout comme avoir influencé quiconque "pour se rendre au Carlton". "Mon influence sur les femmes est égale à zéro". Mais celui qui tire son surnom de la marinade pour maquereau l'admet : son commerce, "c'est pas une droguerie, ni une épicerie."

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