Procès du Carlton : DSK, le "roi de la fête" dindon de la farce ?

Procès du Carlton : DSK, le "roi de la fête" dindon de la farce ?

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PROCES - A la barre ce mardi, l’ex-directeur du FMI a répété qu’il ne savait pas que les femmes qui participaient aux soirées "libertines" étaient des prostituées. Une version appuyée par les autres accusés du dossier mais contestée par deux d'entre elles.

Il "sauvait le monde de la crise financière" et avait "autre chose à faire que d'organiser des soirées débridées". Mais celui qui allait bientôt se lancer dans la course à la présidentielle avait visiblement un défaut : la candeur des grands hommes. Il "ignorait" que les femmes qui participaient aux "parties fines" organisées pour lui étaient des prostituées. Appelé à la barre du tribunal correctionnel de Lille mardi, où il s'exprimait pour la première fois, Dominique Strauss-Kahn a passé l'examen avec brio. Soupçonné de proxénétisme aggravé dans l'affaire du Carlton, l'ex-ministre a livré une leçon de libertinage, comme il donne un cours d'économie, pour dérouler sa défense.


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"Le libertinage, ce sont des hommes, des femmes, des couples qui se réunissent pour le plaisir du sexe, a-t-il expliqué sans ambages et d'une voix claire. J'ai en horreur la pratique sexuelle avec des prostituées. Ça ne m'aurait pas plu parce que j'aime que ce soit la fête." Une relation avec une travailleuse du sexe aurait pu nuire à sa carrière politique, assure aussi l'ancien patron du FMI, résumant en ces termes les soirées de Paris, Lille et Washington : "J'avais une vie trépidante avec des petites soupapes de récréation". Des mots qui font sourire Dodo la Saumure . Mais laissent de marbre Mounia venue raconter que les "participants ne pouvaient ignorer sa qualité de prostituée".


"Une après-midi ludique"


"Ses déclarations relèvent du ressenti", note la défense, qui tente de la déstabiliser. Mais lorsque la jeune femme frêle aux cheveux noirs relate une scène loin de la convivialité prônée par le "roi de la fête", la salle se mure dans le silence. "David Roquet m'a fait prendre une douche. DSK est arrivé juste après. Je suis montée avec lui." Devant le tribunal, elle peine encore à pousser la porte de cette chambre. "J'ai eu des réticences lors du rapport sexuel. Je n'acceptais pas 'cette' pratique", dit-elle sans que personne n'ait besoin de demander de précisions. Les mots s'étranglent au fond de sa gorge. "S'est-il aperçu de votre refus ?", relance d'une voix douce le président Bernard Lemaire. "Je pense oui, je pleurais". "C'était brutal ?", poursuit-il - "Oui" - "Mais consenti ?" - "Oui, il me fallait cet argent". Le président interroge l'intéressé. "Avez-vous remarqué qu'elle pleurait ?" - "Non, ça m'aurait glacé", répond Dominique Strauss-Kahn sans sourciller. Jade, une autre jeune femme, parle de rapports qui "n'avaient rien à voir avec du libertinage". "Sept ou huit femmes étaient sur lui, il n'y avait pas d'autres hommes. Je n'étais qu'une chose, je n'étais pas là en tant que personne", décrit celle qui livre à son tour sa définition de la pratique libertine : "Des échanges. Un aller et un retour. Là, c'était un aller simple".


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"Je ne dis pas qu’elle ment, mais nos souvenirs s'altèrent avec le temps. J’ai vécu une après-midi ludique", réplique calmement l'ancienne figure socialiste. Appuyé par la version de ses deux amis et co-accusés, David Roquet et Fabrice Paszkowski, Dominique Strauss-Kahn ne vacille pas. "J'étais seulement un invité. Je n'ai jamais su, ni soupçonné qu'il y avait des prostituées". Les entrepreneurs du Pas-de-Calais endossent toute la responsabilité. "Personne ne devait savoir. C'était un secret que l'on partageait entre David (Roquet) et moi", assure Fabrice Paszkowski, qui payait discrètement les jeunes femmes. Pourquoi cette omerta ? Les courtisans du roi n'auraient pas voulu avouer qu'ils ne savaient pas "ramener des libertines". "Fabrice est un ami. Il n'a probablement pas oser me dire qu'il n'était pas capable de draguer", renchérit DSK qui semble, lui, persuadé de son talent. Qu'il résume en un lapsus : "On me prête de nombreuses conquêtes, sans doute beaucoup moins que la réalité."

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