Procès du Carlton : "Le tribunal ne sera pas le gardien de l'ordre moral"

Procès du Carlton : "Le tribunal ne sera pas le gardien de l'ordre moral"
FAITS DIVERS
DirectLCI
JUSTICE – Le procès du Carlton de Lille, portant sur des faits de proxénétisme aggravé, s'est ouvert lundi après-midi. Juste avant la levée de l'audience dans la soirée, le président du tribunal a tenu à faire une mise au point inattendue. Le procès ne reviendra pas sur les détails "graveleux" du dossier, le tribunal n'étant pas "le gardien de l'ordre moral".

Le procès du Carlton devant le tribunal correctionnel de Lille s'est ouvert lundi avec l'entrée des quatorze prévenus et des quatre parties civiles. Une journée de débats autour des questions de procédure, bien loin de celles annoncées dans les prochains jours. Anticipant le grand déballage sur les pratiques sexuelles des accusés, parmi lesquels l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn, le président Bernard Lemaire a tenu à faire une mise au point inédite juste avant la levée de l'audience.

"Comment présider un procès aussi médiatique lorsque tellement de choses ont été dites et écrites ?" s'interroge l'homme au nœud papillon jaune à pois noirs et au phrasé lyrique qui captive l'assistance. "Il ne s’agit pas ici de débattre de la 'déontologie du libertinage' ou de la normalité de la sexualité des uns ou des autres. Il s’agit de se baser sur des faits", rappelle le président.

EN SAVOIR +
>> Procès du Carlton : effervescence des grands jours à Lille

>> Les hommes-clés du procès

Pas de détails graveleux

"Dans ce dossier, la sexualité a longuement été abordée dans les procès-verbaux. Les déclarations des jeunes femmes entendues pendant l'enquête font état de multiples détails ou d'anecdotes sur les pratiques des uns et des autres (…) Il y a eu des sondages sur la sexualité des Français et celle des Belges. Des policiers ont même proposé une définition du libertinage (…). C'est très intéressant, le tribunal a en a pris connaissance", raille Bernard Lemaire.

Avant de poursuivre d'un ton plus grave : "Le tribunal ne compte pas revenir sur ces détails graveleux. Il n'est pas le gardien de l'ordre moral mais celui du droit et de sa bonne application. Il invoquera les faits pour les examiner uniquement sous l’angle de leur qualification pénale. Je vous demande de faire en sorte que les discussions se déroulent dans la dignité de chacun." Le débat sur les faits prévu dès mardi peut débuter.

EN SAVOIR + >> Tous nos articles sur le procès du Carlton

Lire et commenter