Procès du Carlton : une "boucherie" pour Jade, une sexualité "rude" pour DSK

Procès du Carlton : une "boucherie" pour Jade, une sexualité "rude" pour DSK

FAITS DIVERS
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JUSTICE - A la barre du tribunal, une ancienne prostituée a une nouvelle fois décrit un rapport "brutal" avec l'ancien patron du FMI, suggérant que sa conduite montrait qu'il ne pouvait ignorer son statut de prostituée. Dominique Strauss-Kahn est resté imperturbable.

Jade appelle un chat un chat. Dans un tribunal où les accusés en costumes cravates emploient des termes détournés pour parler des prostituées, son franc-parler détonne. Appelée à la barre mercredi matin, l'ancienne prostituée revient sur une soirée de 2009 au Tantra, un club échangiste belge. "Il y avait David Roquet (l'ex-directeur d'Eiffage), Fabrice Paszkowski (l'ancien entrepreneur médical)", détaille la jeune femme aux fines lunettes. Je ne me rappelle pas pour Jean-Christophe Lagarde". L'ancien grand flic du Nord confirme sa présence. "Et Dominique Strauss-Kahn ?" interroge le président. "Il était déjà là, occupé", répond Jade. Le décor est planté.


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L'ex-prostituée qui travaillait pour Dodo la Saumure raconte la "quarantaine de corps mélangés". Elle refuse de se joindre à ce "micmac". "C'était avilissant, une véritable boucherie". Un peu à l'écart, David Roquet lui réclame une fellation. Elle s'exécute avant de ramener Dominique Strauss-Kahn et la jeune femme qui l'accompagne à leur hôtel à Bruxelles. Dans la voiture, la conversation tourne autour de la "prostitution en Belgique". "J'ai raconté à monsieur DSK que je travaillais dans un club, que je dansais sur scène et que je choisissais une personne pour me rejoindre avec laquelle j'avais un rapport ". "Ce serait sympa de venir te voir", lui lance alors l'ancien patron du FMI. Lequel, appelé un peu plus tard à la barre, confirmera le contenu de la discussion. En la résumant ainsi : "J'en ai déduit que c'était une libertine à la sexualité débridée".


"Aucun autre client n'aurait jamais osé faire ça"


Le récit de Jade se poursuit dans la chambre d'hôtel de l'ancien ministre. Elle ne peut réprimer ses larmes. Le président l'invite à poursuivre. "Quand j'ai tourné le dos à DSK, j'ai subi une pénétration qui ne m'a pas été demandée. Je n'ai pas eu le temps de dire non. Chaque fois que je vois sa photo, je revis cet empalement qui me déchire. Aucun autre client n'aurait jamais osé faire ça". Pour la jeune femme, son comportement prouve qu'il connaissait son statut de prostituée : "Pour m'avoir infligé ce qu'il m'a infligé..."


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La parole est donnée à l'accusé. Inébranlable. "Je ne l'ai pas ressenti de la même manière, j'ai découvert qu'elle avait été choquée à la confrontation. Je m'en suis excusé, poursuit de sa voix grave Dominique Strauss-Kahn. J'entends parler d'abattage et boucherie. Tout le vocabulaire animalier y passe. La pratique sexuelle a pu ne pas plaire à Jade ce soir-là mais des dizaines de femmes étaient présentes et n'avaient rien à voir avec des prostituées. Cette logique qui consiste à dire 'vu le genre de pratique sexuelle qu'a ce monsieur il a besoin de prostituées', c'est absurde".


L'un des assesseurs pointe alors du doigt le caractère brutal des scènes décrites depuis mardi par Jade et une autre jeune femme. "Je dois avoir une sexualité plus rude peut-être par rapport à la moyenne des hommes. Je le découvre et je regrette", concède l'ex-ministre qui, sur le fond des faits qui lui sont reprochés, ne vacille pas. "Je ne comparais pas devant ce tribunal pour pratiques sexuelles dévoyées", rappelle-t-il à toutes fins utiles.


>> Retrouvez notre dossier consacré au procès du Carlton

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