Procès d'une filière djihadiste : Salim Benghalem le grand absent

Procès d'une filière djihadiste : Salim Benghalem le grand absent

FAITS DIVERS
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JUSTICE – Six individus sont attendus ce mardi et jusqu'au 7 décembre au tribunal correctionnel de Paris où ils seront jugés pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme". Le septième, Salim Benghalem, l'un des bourreaux de Daech sous le coup d'un mandat d'arrêt international, sera jugé en son absence.

Il a été avec Mehdi Nemmouche, le tireur présumé du musée juif de Bruxelles, un des geôliers des quatre journalistes français libérés en avril 2014 après dix mois de détention. Salim Benghalem doit être jugé à partir de ce mardi 1er décembre aux côtés de six autres prévenus âgés de 23 à 37 ans devant la 16e chambre du tribunal correctionnel pour "association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme".

Sous le coup d'un mandat d'arrêt international, cet homme âgé de 35 ans ne sera pas présent. Inscrit en 2014 sur la liste des dix terroristes les plus recherchés par les Etats-Unis , Salim Benghalem est d'ailleurs peut-être mort. Le Monde révélait récemment que le trentenaire a été ciblé par un bombardement de l'armée française à Raqqa (Syrie) le 8 octobre 2015.

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Radicalisé depuis 2011

Installé en Syrie depuis le printemps 2013, Salim Benghalem est poursuivi pour son rôle central dans l'acheminement de djihadistes depuis la France. Avant cette date, cet homme originaire de Cachan (Val-de-Marne) avait été condamné en 2007 par la justice française pour meurtre dans une affaire "d’affrontement entre bandes rivales".

Que s'est-il passé entre ces deux dates ? Selon son épouse, Nadia*, entendue par les enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et dont les propos sont rapportés ce lundi dans les colonnes du Parisien , Salim Benghalem "a commencé à se radicaliser en 2011" alors qu'elle était enceinte de neuf mois. En juillet 2011, il disparaît un mois. A son retour, il indique à sa femme être allé à Oman, "seul, sur un coup de tête, car il avait vu des vidéos du Yémen et de cheikhs d'Al-Qaïda". Il y suivra une "formation", au maniement des armes notamment.

Toujours selon sa femme, "quelqu'un' aurait "donné pour mission" à Salim Benghalem "de commettre un attentat en France contre des Américains". Il aurait finalement renoncé, par "peur". "Salim m'a dit que tout était organisé. Il fallait qu'il se rende sur place avec une arme et qu'il tue tout le monde". Salim Benghalem ne "décroche" pas pour autant. Fin mars ou début avril 2013, il prend cette fois la direction de la Syrie. Il rejoint d'abord le Jabaht al-Nosra, organisation salafiste djihadiste ralliée à Al-Qaïda, avant de le quitter pour Daech. Six mois plus tard, il convainc sa femme de le rejoindre.

"Salim m'a dit que s'il revenait [en France], c'était pour faire un attentat, pour faire un maximum de dégâts, assure Nadia. [...] Il n'était pas passé à l'acte à son retour du Yémen car il avait des doutes, alors que maintenant il ne se poserait plus de question." Et de poursuivre : "Il m'a expliqué que les attentats à la bombe n'étaient plus trop d'actualité, que c'était les tueries en série qui étaient préconisées"

Impliqué dans les attentats de Paris ?

Après trois mois passés en Syrie, Nadia est rentrée en France. Les enquêteurs l'ont entendue en janvier 2014. Dès le 8 janvier 2015, au lendemain de l'attaque de Charlie Hebdo, les policiers se sont de nouveau concentrés sur lui. Salim Benghalem avait en effet des liens avec les anciens de la filière des Buttes Chaumont, dont les frères Kouachi 9 janvier dernier à Dammartin-en-Goële. On ignore à ce jour s'il est ou non impliqué dans les attentats sanglants qui ont fait 130 morts et plus de 300 blessés le vendredi 13 novembre à Paris.

Malgré l'absence de Salim Benghalem, considéré aujourd'hui comme un des bourreaux de l'organisation Etat islamique, le procès qui s'ouvre mardi à Paris devrait apporter des éléments à la justice. Il s'agira notamment de savoir comment les séjours en Syrie étaient préparés, comment ils se sont déroulés et dans quel but précis.
 
*Le prénom a été modifié

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