"Là je me suis dit qu'il m'achevait" : Emilie, gravement brûlée dans un accident de la route, accuse son ex-compagnon d'avoir tenté de l'assassiner

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ENQUÊTE - Victime d'un accident de la route dans lequel elle a été gravement brûlée il y a dix ans, Emilie est persuadée que son ex-compagnon a tenté de l'assassiner. Une version vivement contestée par ce dernier qui a déjà passé six mois en prison en 2009. Sept à Huit est allé à leur rencontre.

Emilie, 30 ans, est une survivante. Suite à un grave accident de voiture, elle a été brûlée au troisième degré sur la moitié du corps et a dû subir des dizaines de greffes de peau. Cette archiviste dans l'administration a aujourd'hui la convicition que son accident n'est pas dû à la fatalité, mais qu'elle a été victime d'un plan machiavélique. "On a voulu me tuer et on a même fait en sorte que si je survive, ma vie soit foutue".


Celui qu'elle accuse d'avoir tenté de l'assassiner, c'est Johann, son petit ami de l'époque. Les faits se sont déroulés le 9 novembre 2007. Johann est au volant, sur une petite route à la sortie de Châtenay-en-France, quand subitement il fait un écart et s'encastre dans un arbre. Le choc se produit à 40 km/h. Emilie parvient à sortir du véhicule, mais elle est en flammes. Elle traverse la route et se jette sur un lit de feuilles. C’est là que deux version s'opposent : celle d'Emilie et celle de Johann.

Là je me suis dit : 'c’est bon il m’achève'Emilie

Interrogé par Sept à Huit, Johann raconte l'accident avec précision : "Après le choc, je suis sonné. J'entends le klaxon et je vois beaucoup de fumée dans l'habitacle". Il raconte qu'Emilie est alors sortie du véhicule. "C'était une torche humaine". Il se saisit alors d'un extincteur qui se trouvait dans la voiture et raconte s'être précipité sur elle pour éteindre les flammes. Se rendant compte que l'extincteur ne fonctionne pas, il enlève son manteau et le place sur le dos et le visage de son ex-compagne.


Emilie a une toute autre version : "Je me suis débattue, j’ai couru dans tous les sens et je l’ai appelé à l’aide pour qu’il vienne me secourir", détaille-t-elle. Je le voyais pas mais je savais qu’il était en train de me regarder brûler. Un moment je me suis dit 'c’est fini je vais mourir'. Elle continue : "Le feu s’est éteint et là j’ai senti d’un coup une masse arriver sur moi. Il m’a entouré la tête dans son blouson (...) en appuyant dessus. Là je me suis dit : 'c’est bon il m’achève'. 


Finalement, c'est un automobiliste qui donnera l'alerte. Interrogé par Sept à Huit dix ans plus tard, il se remémore l'attitude étrange de Johann au moment du drame : "Il répétait sans cesse la même chose 'je m’étouffe, je n’arrive pas à respirer'. Autre chose, il me parlait à moi et non pas à elle. Quand on y réfléchit on se dit que ce n’est pas à moi qu’il aurait dû parler mais à elle".

Des traces d'alcool à brûler retrouvées sur le siège passager

Sept mois après le drame, Emilie explique aux gendarmes qu'elle voulait quitter Johann et qu'il l'aurait frappée. Même s'il nie tout en bloc, une information judiciaire est ouverte pour tentative d'assassinat. Les enquêteurs font alors une drôle de découverte dans le téléphone de Johann. Ils se rendent comptent que le matin du drame, il a borné près d'une gare RER où Emilie était présente sur le quai en train d'embrasser un autre homme. 


Pour l'avocat d'Emilie, pas de doute, Johann surveillait la jeune femme depuis plusieurs jours et ce dernier a agi par jalousie. "Elle voulait le quitter, elle rencontre quelqu'un la veille, elle doit passer la soirée avec lui le soir-même, deux heures avant de le retrouver elle est brûlée dans un véhicule conduit par son ex petit ami", relate-t-il devant les caméras de Sept à Huit.


Il revient aussi sur les éléments matériels du dossier. D'abord, aucune trace de freinage n'a été repérée sur la route. Deuxième élément troublant : des traces d'alcool à brûler sont retrouvées sur le siège passager du véhicule. La bouteille d'alcool à brûler qui se trouvait sur la plage arrière, achetée quelques heures plus tôt par Johann, s'est-elle deversée sur Emilie au moment du choc ou Johann l'a-t-il renversée volontairement sur son ex-compagne ?


Pour l'avocat d'Emilie, la deuxième version est la plus pausible. Un discours vivement contesté par l'avocat de Johann qui raconte que ce dernier a acheté l'alcool à brûler pour faire une fondue. "On ne peut pas imaginer que ce soit le produit d’une trajectoire voulue et maitrisée", raconte-t-il.

Les médecins m'ont donné une seconde vieEmilie

Aujourd’hui, Emilie veut profiter du temps présent. "Les médecins m'ont donné une seconde vie. Je ne vais pas m’enfermer, je préfère vivre ma vie à fond et tant pis pour les cicatrices et pour le reste. Je veux vivre tout simplement." Le procès en appel devrait avoir lieu dans les prochains mois. Son ex-compagnon risque la perpétuité. 

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