Osny : quatre détenus de l'unité de déradicalisation transférés parce qu'ils représentaient une menace

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PRISON - Le renseignement pénitentiaire estimait qu'il y avait un risque pour le personnel, après que des surveillants ont entendu des détenus élaborer le plan d'un attaque.

Quatre détenus de l'unité de déradicalisation de la maison d'arrêt d'Osny (Val-d'Oise) ont été transférés vendredi vers d'autres prisons. Le renseignement pénitentiaire  estimait en effet qu'il y avait des risques de menaces pour le personnel. L'information révélée par France info nous a été confirmée.


Selon Le Figaro, des surveillants auraient surpris ces quatre détenus alors qu'ils élaboraient un plan d'attaque. Ils "discutaient entre eux de la manière de dévisser les tiges d'aluminium entourant les bouches d'aération de leurs cellules", a raconté un personnel de l'établissement pénitenciaire. Le lendemain matin, deux tiges dévissées ont été retrouvées dans leurs cellules. "Ils n'avaient pas eu encore le temps de les aiguiser. Mais c'est exactement le même mode opératoire qu'il y a deux semaines. Y compris dans le choix de la date du week-end, car les effectifs sont toujours un peu moins nombreux. Cela tend bien à prouver que la première agression n'était pas un acte isolé, mais bien concerté entre les détenus de cette Unité dédiée", a estimé la source, citée par el quotidien. 


Une semaine avant cet incident, trois détenus de la maison d'arrêt avaient été placés en garde à vue suite à une violente agression de deux surveillants pénitentiaires par un détenu radicalisé. Les policiers veulent notamment savoir s'ils avaient une éventuelle connaissance d'un projet d'agression, rapporte une source proche du dossier.

Le détenu a agressé le surveillant au départ d'une promenade

Les faits sont survenus dimanche 4 août, au moment du départ en promenade. L'agresseur présumé, détenu dans l'unité de prévention de la radicalisation, a blessé deux surveillants avec un couteau artisanal, un morceau de métal de 15 cm fixé sur un manch. Sa garde à vue se poursuivait ce mardi après-midi dans le cadre de l'enquête ouverte pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste". Il avait été condamné il y a quelques mois dans une affaire de départ vers la Syrie.

Le cou traversé d'un poinçonJérôme Nobécourt, délégué FO



Les faits se sont déroulés alors que d'autres détenus étaient présents et sans qu'ils ne prennent "part à l'action violente", avait précisé la Chancellerie.  Le surveillant le plus grièvement blessé a eu le "cou traversé de part en part par une espèce de poinçon de 15 cm", selon Jérôme Nobécourt. Alors que l'agent prenait la fuite, le détenu l'a poursuivi et frappé "par derrière, dans le cou".

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Il existe en France cinq quartiers dédiés au regroupement d'islamistes en prison. Ces unités de prévention de la radicalisation, très décriés par certains syndicats pénitentiaires et questionnés pour leur efficacité dans la lutte contre ce phénomène, sont répartis dans quatre établissements pénitentiaires : Fresnes dans le Val-de-Marne, Lille-Annoeullin dans le Nord, Osny dans le Val-d'Oise et Fleury-Mérogis dans l'Essonne. L'unité de prévention de radicalisation de la maison d'arrêt d'Osny accueillait 18 détenus avant l'agression, tous en cellule individuelle.

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