Qui est l'homme qui a foncé dans la foule au marché de Noël de Nantes ?

FAITS DIVERS

ATTAQUE – L'individu qui se trouvait au volant de la camionnette qui a fauché dix personnes lundi soir sur un marché de Noël de Nantes (Loire-Atlantique) habitait à Berneuil (Charente-Maritime). Agé de 37 ans, cet homme vivait seul dans une grande ferme et était qualifié de "peu expansif".

Il s'appelle Sébastien Sarron, il a 37 ans, n'est pas marié, et n'a ni compagne ni enfant. Originaire de Saintes, il avait racheté il y a cinq ou six ans une vieille ferme au 10 route Napoléon à Berneuil (Charente-Maritime). Décrit par les habitants de cette commune de 800 habitants comme "peu expansif", "discret" et "solitaire", ce paysagiste-pépiniériste de profession qui ne recevait jamais personne chez lui fait la une des médias ce mardi.

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Sébastien Sarron est en effet l'homme qui a foncé lundi soir vers 19 heures sur les visiteurs du marché de Noël installé place Royale à Nantes (Loire-Atlantique), blessant dix personnes à deux jours des fêtes avant de s'asséner plusieurs coups de couteau. Son pronostic vital n'est pas engagé mais une des personnes blessées serait en état de mort clinique. Dans son véhicule a été retrouvé un carnet contenant des propos confus témoignant de difficultés psychologiques et familiales.

Il brûlait des choses chez lui

Ce mardi matin, ses voisins étaient sous le choc. "Nous avons vu les images à la télé des événements de Nantes. Ça n'est que ce matin, en voyant toutes les caméras à Berneuil, que nous avons compris qu'il s'agissait de notre voisin. Là, tout d'un coup, on fait le rapprochement avec la camionnette. Il la prenait souvent, notamment pour aller chercher des plantes pour sa maison", raconte monsieur Monet, qui vit au 14 route Napoléon. Selon lui, celui qui fut pépiniériste un temps dans le sud de la France, était tout le temps seul. "Il bricolait, il faisait du jardinage, il écoutait beaucoup la radio. Depuis qu'il est là, je n'ai jamais vu de voiture dans sa cour. Et les seules deux personnes que j'ai vues étaient venues à son arrivée pour l'aider à refaire le toit", confie le retraité.

Pourtant, Sébastien Sarron avait fait parler un peu de lui depuis début décembre. "Plusieurs personnes s'étaient plaintes de l'odeur de caoutchouc brûlé émanant de son terrain, indique le maire de Berneuil, Joël Reignier, joint par metronews. On ne sait pas s'il faisait cramer des câbles ou des pneus mais ça sentait très fort. Les gendarmes se sont d'ailleurs déplacés pour lui demander d'arrêter tout ça."

Curatelle et alcool ?

Selon les gendarmes de Charente-Maritime et le parquet de Saintes, le suspect n'était pas connu pour des antécédents psychiatriques qui permettraient d'expliquer son geste. "Il n'a jamais sollicité les services sociaux à ma connaissance. Il se débrouillait seul", a confirmé Joël Reignier. Une source proche du dossier indiquait mardi qu'il "était en proie à des "problèmes d'alcoolisme liés à la perte de son emploi et nécessitant un suivi psychologique". "Alcoolique ? s'étonne son voisin. En tout cas, nous ne l'avons jamais vu au café d'en face ni ivre dans la rue."

Le parquet de Saintes a indiqué que le suspect avait été impliqué dans une affaire de vol et recel à Béziers (Hérault) en 2006 et qu'il avait également été impliqué dans une dégradation de véhicule en 2008 mais cette affaire a été classée sans suite. D'autres sources ajoutaient que le trentenaire était sous curatelle. Cette information n'était pas confirmée à 13 h 30. A 17 heures, Brigitte Lamy, la procureure de la République à Nantes, doit faire le point sur ce dossier à l'occasion d'une conférence de presse.

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