Quinze ans de prison pour la mort de Perrine, 9 mois : "C'est une page qui se tourne"

FAITS DIVERS

VERDICT - La cour d'assises du Val-de-Marne a condamné, jeudi 27 avril, le mari d'une nourrice à 15 ans de prison pour coups mortels sur la petite Perrine, décédée à l'âge de 9 mois. La nounou, quant à elle, a écopé de 5 ans d'emprisonnement, dont 6 mois avec sursis, pour mauvais traitements sur la fillette.

C'est l'épilogue d'une histoire qui a coûté la vie à Perrine, 9 mois. Jeudi 27 avril, vers minuit, la cour d'assises du Val-de-Marne a décidé de condamner à quinze ans de réclusion le mari d'une nourrice pour "coups mortels" sur un nourrisson. Son épouse, qui effectuait la garde de plusieurs enfants à son domicile, a quant à elle écopé d'une peine de cinq ans d'emprisonnement dont 6 mois avec sursis, pour "violences volontaires sur mineur". 

Les faits remontent au 21 mai 2014. En début d'après-midi, les parents de Perrine sont prévenus par la nourrice que leur petite fille "les yeux révulsés", est "en pleine crise". Transportée à l'hôpital en arrêt respiratoire, elle vient de subir une rupture du diaphragme, de l'estomac et montre plusieurs lésions au niveau de l'abdomen. Les médecins constatent par ailleurs chez elle des caractéristiques du bébé secoué. Maintenue en vie artificiellement, elle s'éteint le lendemain, ses parents ayant donné leur accord pour la laisser partir. 

"Des pichenettes au niveau des jambes"

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Alors que s'est-il passé dans la maison de ce couple, en région parisienne, le matin du drame ? Qu'a-t-on infligé, ce jour-là et les autres, à la petite Perrine ? Qui de Maryline H, 29 ans, ou de son mari Bernard F, 44 ans, a porté le coup fatal et surtout pourquoi ? Autant de questions auxquelles les deux accusés n'ont pas su répondre au cours de l'audience. "Ils étaient froids, impassibles. Ils n'avaient l'air d'avoir aucun remord" racontent Gwenaelle et Fabien Saulnier, les parents de Perrine, auprès de LCI au lendemain du vedict. Dans le box, enfermés dans leurs dénégations, le couple a préféré se renvoyer la balle, concédant tout juste, pour elle, d'avoir "laissé seule" Perrine, pour lui, "des pichenettes au niveau des jambes". Mais la vérité judiciaire, près de trois ans après le décès de la fillette, a fini par s'établir.

Car si à l'origine de l'affaire, Maryline H était considérée comme la principale suspecte de la mort de Perrine - elle seule, au départ, a été renvoyée devant la cour d'assise pour "coups mortels" - c'est finalement sur son mari que se sont portées lors du procès les plus lourdes accusations. "Notre certitude, c'était que le mari avait commis l'irréparable" explique Sylvie Vernassière, l'une des avocates des parents de Perrine. "Nous craignions qu'en cas de doute, le tribunal ne les acquitte tous les deux. Mais malgré l'absence d'aveu, nous avons le sentiment que le tribunal a écouté les arguments des experts scientifiques, décrivant un déchaînement de violence survenu ce jour-là en l'absence de la nounou, ainsi qu'au moins deux épisodes de secousses." Maître Yazid Benmeriem, qui défendait la nourrice, comprend quant à lui la peine infligée à sa cliente, mais estime que, dans cette affaire, "on a frôlé l'erreur judiciaire". "Les violences habituelles n'ont finalement même pas été retenues contre ma cliente", ajoute-t-il.

Nouvelles plaintes contre la PMI et un hôpital parisien

Gwenaelle et Fabien Saulnier, eux, ont refait leur vie en dehors de la région parisienne. Ils ont désormais une autre petite fille et attendent un heureux événement. Ce procès, c'est "une page qui se tourne". "La peine n'est jamais assez élevée quand on a perdu un enfant, mais il est vrai qu'on s'attendait à moins que ça. On aurait voulu que tous les deux soient condamnés à quinze ans de prison, et nous estimons que la maltraitance quotidienne subie par Perrine n'a pas été reconnue à sa juste valeur. Mais dans l'ensemble, nous nous sentons apaisés, mon mari et moi. Il était important pour nous, symboliquement, de les voir repartir en prison à l'issue du verdict." Comparaissant libre, le couple a en effet été embarqué dès l'issue du procès, un mandat de dépôt ayant été prononcé contre l'ancienne nounou. 

A présent vient l'heure de nouveaux combats. Car les époux Saulnier entendent bien déposer plainte à la fois contre la PMI et contre un grand hôpital parisien, qu'ils accusent de négligence pour les avoir renvoyé chez eux sans suite, alors que Perrine montrait déjà des signes de maltraitance. Contactée, l'avocate de Bernard F, n'a, pour l'heure, pas donné suite à nos sollicitations. 

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