Les policiers français se sentent un peu mieux aimés

FAITS DIVERS
ETUDE – Police, population, main dans la main ? Selon le 2e baromètre social de la police nationale, que LCI a consulté, les policiers estiment que leur relation avec les citoyens est bien meilleure. L'effet de la crise d’attentats en série que traverse la France ?

Les policiers aiment leur métier mais ne font pas confiance à leur hiérarchie. Un "malaise" que 95,1% des agents relèvent au sein de la police nationale. Dans le 2e baromètre social de la police nationale, que LCI a consulté, les fonctionnaires concernés ont pu livrer leurs doléances directement auprès des ressources humaines de l’institution. Du 12 janvier au 8 février dernier, un questionnaire de 64 questions a ainsi été distribué aux 144.178 agents de la "maison bleue".


Premier résultat important, l’évolution de la relation entre les policiers et la population. Ils sont 26% à penser qu’elle s’est améliorée alors qu’ils n’étaient que 2% en 2014. Pour 51% d’entre eux, elle est restée stable et pour 23%, elle s’est dégradée, contre 33% et 64% il y a deux ans. Sans doute un effet "attentats" qui a resserré les liens entre les citoyens et les policiers. Une augmentation de la satisfaction qui s’observe à tous les échelons : commissaires, officiers, gradés et gardiens de la paix…


Pas de confiance dans l'administration

Autre conséquence des attaques terroristes, les policiers estiment être beaucoup mieux intégrés dans leurs équipes (97,4% en 2016 contre 85,3% en 2014). "Les événements ont comme conséquence le travail en synergie, en équipe. Devant l’adversité, les policiers se serrent les coudes", observe une source policière. Il faudra toutefois attendre le troisième baromètre social pour savoir si les "bavures policières" pendant les manifestations contre la loi Travail ont eu des incidences sur la perception du métier de policier.


Gros point noir de cette étude, un chiffre qui met à mal l’ensemble de la hiérarchie policière. Seulement 17% des policiers ont "confiance" dans l’administration. "Les policiers sont très exigeants envers l’administration. C’est pour eux un contrat de confiance. En substance, ils disent : ‘Je risque ma vie tous les jours sur le terrain, j’exige que l’Etat ne me berne pas’", commente-t-on.

55% satisfaits de la charge de travail

Par ailleurs, ils estiment aussi que leur avancement n’est pas satisfaisant. Seul 13% en sont contents (-3 points par rapport à 2014). "Depuis le questionnaire, un protocole a été signé par le ministre de l’Intérieur. Il y a eu beaucoup de progrès en terme d’avancement", nuance-t-on au sein de la hiérarchie policière. Point positif, 55% des policiers sont satisfaits de leur charge de travail. C’est deux points de plus qu’en 2014, et ce, malgré la prolongation de l’état d’urgence et la mobilisation de tous les effectifs sur la menace terroriste.


Outre les chiffres, ce questionnaire laissait la possibilité aux policiers d’alerter les ressources humaines sur des difficultés. Dix-huit mille d’entre eux ont évoqué la présence d’un "malaise" au sein de la police et 41.000 ont proposé des "idées de simplification et d’innovation", la plupart liées à des éléments de procédures. Bon nombre aussi ont évoqué les statistiques qui "nuisent à l’efficacité de l’institution". L’un d’entre eux a ainsi résumé en substance l’état d’esprit des policiers : "On perd de plus en plus de temps à expliquer ce que l’on fait et on a de moins en moins de temps pour faire".


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