Rennes : le syndicaliste frappé par des policiers a porté plainte

FAITS DIVERS

FAIT DIVERS - Un homme âgé de 60 ans, membre du syndicat Sud Santé, a porté plainte contre X ce lundi matin à l’IGPN pour "violences commises par personnes dépositaires de l'autorité publique". Il accuse des policiers, vidéo à l’appui, de l’avoir frappé au cours de la manifestation contre la loi travail le 31 mars à Rennes.

"Mon client est allé déposer sa plainte ce matin pour violences commises par personnes dépositaires de l'autorité publique, maintenant, nous attendons la suite", indique Me Olivier Pacheu à metronews ce lundi.

Son client a beaucoup fait parler de lui depuis quelques jours, sans forcément le vouloir. Agé de 60 ans, père de famille et membre du syndicat Sud Santé, cet homme fait partie des douze personnes qui ont été interpellées jeudi 31 mars pendant la manifestation organisée à Rennes (Ille-et-Vilaine) contre la loi travail, et des dix qui ont été déférées samedi avant d’être remises en liberté.

"Il se souvenait bien sûr des coups"

Le syndicaliste a été interpellé pour avoir commis des violences contre la police. Il comparaîtra comme sept autres adultes pour ces faits le 22 avril prochain. "Non seulement il conteste les faits, précise Me Pacheu, mais en plus, il dénonce, lui, les violences policières qui ont été commises à son encontre."

Une vidéo postée sur les réseaux sociaux atteste en effet, s’il s’agit du même homme, des accusations du sexagénaire à l’encontre des forces de l’ordre. Sur les images, on peut voir un homme tomber au sol près d’une voiture. Celui-ci se recroqueville, avant d’être frappé à plusieurs reprises par au moins deux policiers.

Trois jours d'ITT

"On identifie clairement mon client sur les images. La tenue vestimentaire correspond et le déroulement des faits conforte ses déclarations, précise Me Pacheu. Quand il a pu voir la vidéo, il s’est tout de suite reconnu. Il se souvenait bien sûr des coups qui lui ont été portés mais il n'avait pas pu voir combien de personnes l'avaient frappé".

Conduit au commissariat comme onze autres manifestants, le syndicaliste a été placé en garde à vue à 14 heures le jeudi 31 mars avant d’être vu par un médecin. "Le certificat médical fait état d’une ecchymose de 15 centimètres sur la cuisse et de plusieurs excoriations sur le corps. Mon client s’est vu prescrire 3 jours d’ITT" précise Me Pacheu.

Le sexagénaire sera entendu pour la première fois le vendredi matin à 10 heures. pendant une heure environ, avant d’être entendu une nouvelle fois à 14 heures, pendant une demi-heure, puis déféré le lendemain. Remise en liberté, sous contrôle judiciaire, il a, comme les six autres adultes interpellés, interdiction de participer à une manifestation ainsi que d'aller dans le centre-ville de Rennes et doit également pointer deux fois par semaine au commissariat.

Des vidéos non exploitées

Pour Me Pacheu, la vidéo fournie par un témoin est un élément essentiel pour attester des faits dans un dossier qui oppose la parole de la police à celle d'un manifestant. Il s’étonne néanmoins que les services de police n’aient pas exploité les images des caméras de vidéosurveillance donnant sur la rue Jean-Jaurès malgré la gravité des faits. "On nous indique en procédure qu’à défaut de pouvoir faire de gros plans ces vidéos ne servent à rien sur la question de la caractérisation des infractions qui auraient été commises ce jour-là. Je vais bien évidemment demander qu’il y ait un supplément d’informations pour qu’on puisse aller chercher ces vidéos. C’est quand même intéressant !", dit-il.

Des collègues du syndicaliste ont été témoins de la scène, partiellement en tout cas. "Les jets de lacrymogène ont empêché qu’ils suivent la totalité des événements, mais il y a des témoins" précise le conseil du sexagénaire.

Le syndicaliste refuse aujourd'hui toute interview. "Il a fait 48 heures de garde à vue. Le procureur voulait le placer en détention provisoire alors qu'il est inconnu des services et que son casier et vierge. Il est encore secoué par tout ça, on ne peut que le comprendre" conclut Me Pacheu. 

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