Rennes : Un père et son fils autiste radiés de leur banque portent plainte pour discrimination

FAITS DIVERS

Une agence de la Caisse d'Epargne de Rennes a clôturé les comptes d'un père et de son fils autiste en raison du comportement, jugé outrageant, de ce dernier dans les locaux de la banque. Le père a porté plainte pour discrimination.

Ce 9 août, Loïc, un retraité de 65 ans, se rend comme tous les mardis effectuer un retrait au guichet de l'agence Caisse d'Epargne de Bourg-l'Evêque, près de Rennes. Il est accompagné de son fils autiste, Fabien, qui, une fois à l'intérieur du bâtiment, commence à s'agiter. Pris d'une soudaine envie d'uriner, le jeune homme commence à vouloir baisser son pantalon mais est rapidement repris par son père qui le réprimande, rapporte Ouest France.

En vain puisque quelques instants plus tard, Fabien entre dans un bureau et tente de réitérer le même geste déplacé. Loïc le rattrape in extremis. L'affaire aurait pu s'arrêter là. Sauf qu'une semaine plus tard, mauvaise surprise pour le retraité : ce dernier reçoit un courrier recommandé de la Caisse d'Epargne. La missive l'informe... que son compte et celui de son fils vont être fermés.

"Dois-je le mettre dans une cage quand je vais retirer de l'argent à la banque ?"

Une nouvelle qui rend Loïc nerveux. "Comment je vais faire ? C'est la première fois que Fabien a un comportement déplacé mais il n'a pas fait de gestes obscènes. Et ils savent bien que mon fils est handicapé", se justifie-t-il.  Pour se défendre, le père de famille s'est tourné vers un avocat, Maître Le Mintier, qui a porté plainte contre l'établissement bancaire pour "discrimination sur une personne vulnérable dans un endroit public".

La Caisse d'Epargne a réagi par l'intermédiaire de Bruno Leclerc, son secrétaire général pour la Bretagne et les Pays-de-Loire, qui a qualifié le comportement de Fabien "d'attentat à la pudeur". Selon lui, sa tentative d'exhibitionnisme "a traumatisé une collègue". Une allégation contestée par Loïc. Raison pour laquelle Me Le Mintier a demandé la saisie des enregistrements des caméras de vidéosurveillance. Une requête qui semble avoir donné à réfléchir à la Caisse d'Epargne qui reconnaît "être allé un peu vite" sur ce dossier. "On va reprendre la négociation pour que cette famille maintiennent ses comptes", a ainsi déclaré Bruno Leclerc.

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