Report du procès Heaulme : l'attente sans fin des familles

Report du procès Heaulme : l'attente sans fin des familles

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EPREUVE – Le procès de Francis Heaulme a été renvoyé à une date ultérieure. Une nouvelle épreuve pour les familles, qui 28 ans après le meurtre des deux enfants à Montigny-lès-Metz, sont éprouvées et résignées.

"J’espère que l’on connaîtra la vérité un jour, mais serai-je encore là pour l’entendre ?" Pour la première fois, Jean-Claude Beining, le père du petit Cyril, s’est exprimé hier devant la presse. Il sera le seul membre des familles à le faire. Eprouvés, les autres quittent le palais de justice de Metz discrètement. Sans cris de colère, ils ont pris acte de la décision de la cour d’assises de renvoyer le procès.

Quelques larmes perlent sur le visage de Jean-Claude Beining. "Je suis très affecté et déçu car il va falloir attendre", glisse-t-il avant, lui aussi, de partir sans bruit. "J’ai le cœur déchiré, je suis l’avocat d’un père qui attend la justice depuis vingt-huit ans , commente de son côté Thierry Moser, l’avocat du père d’Alexandre Beckrich. Même si je suis attristé par ce dénouement, je suis d’accord avec ce report".

"Je ne serai plus là"

Si les familles sont partagées quant à la mise en cause de Francis Heaulme , elles se sont résignées à étudier la piste Henri Leclaire . Même si "la conviction de Mme Beckrich n’a pas changé", nuance son avocat Me Dominique Rondu. Depuis le début, la grand-mère du petit Alexandre reste convaincue de la culpabilité de Patrick Dils , acquitté douze ans plus tôt. Lundi, cette dame âgée de 86 ans, ironisait sur un éventuel report : "Dans deux ans, je ne serai plus là". Hier, les avocats des parties civiles ont souscrit, avec regret, aux réquisitions du procureur, qui a demandé le report des débats à une session ultérieure. 

Près de trente ans après les faits et après quatre procès sans réponse, l’attente semble sans fin. La mère de Cyril, Gabrielle Beining est rentrée chez elle sans un mot. Elle était la seule à avoir fait appel du non-lieu prononcé en faveur de Francis Heaulme en 2007, aboutissant à ce quatrième procès, "celui de la dernière chance" comme elle le qualifiait. Son avocate explique qu’elle est effondrée mais qu’elle veut encore y croire. Parce que, commentait cette maman à l’ouverture des audiences, "j’ai fait une promesse à mon fils, celle de trouver le responsable". Le président de la cour d’assises a adressé hier soir ses "excuses et ses "regrets aux familles d’Alexandre et de Cyril de ne pouvoir mener les débats à terme : "Mais l’entière vérité est à ce prix."

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