République dominicaine : un boycott des vols en soutien à deux pilotes emprisonnés

République dominicaine : un boycott des vols en soutien à deux pilotes emprisonnés

FAITS DIVERS
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FAIT DIVERS – Le syndicat majoritaire des pilotes de ligne a lancé ce mardi un boycott des dessertes de Saint-Domingue afin de protester contre la lenteur de la justice de l'île qui retient en prison depuis près d'un an deux pilotes, accusés de trafic de drogue.

Ils ont décidé de passer à l'acte. Face à l'inertie de la justice de République dominicaine où sont retenus depuis près d'un an deux pilotes, le syndicat national des pilotes de ligne (SNPL) , majoritaire, a décidé de lancer ce mardi un boycott de la desserte de l'île. Bruno Odos et Pascal Fauret, soupçonnés de trafic de drogue, croupissent en effet en prison depuis 342 jours sans avoir jamais été présentés à un juge.

L'affaire remonte au 20 mars 2013 quand un Falcon appartenant à Alain Afflelou est arrêté à l'aéroport de Punta Cana alors qu'il s'apprête à décoller. A son bord, 682 kg de cocaïne. L'homme d'affaires est rapidement blanchi car il avait confié l'exploitation de son jet à une entreprise lyonnaise, la Société nouvelle trans-hélicoptère services (SNTHS), qui le louait ensuite à des particuliers et des entreprises.

Pas de date pour la prochaine audience

En revanche, les deux pilotes et les deux passagers – Nicolas Pisapia, qui a loué l'appareil à la SNTHS et Alain Castany – sont arrêtés et incarcérés. Depuis rien ou presque. Ce mardi, l'audience préliminaire a été reportée une sixième fois. "Le dossier a même été transféré d'Higuëy à Saint-Domingue, précise à metronews Yves Deshayes, le président du SNPL. Et aucune date n'a été fixée pour une future audience, ni même un délai."

Si Bruno Odos et Pascal Fauret peuvent régulièrement entrer en contact avec leurs familles, "sur le plan psychologique, ce n'est pas évident", confie le syndicaliste. "On ne comprend pas une telle lenteur, ajoute-t-il. Ou plutôt si. Dans ce coup de filet, de nombreux responsables politiques et militaires ont été arrêtés. Il y a des pressions sur la justice et certaines personnes ont intérêt à ce que l'affaire traîne en longueur. On a eu un moment l'espoir que les cas soient dissociés pour hâter un passage devant le juge, mais il ne semble pas que cette option soit aujourd'hui privilégiée."

"Jusqu'à un jugement équitable"

Pour inciter la justice dominicaine à accélérer le pas, le SNPL a donc appelé les pilotes à boycotter la desserte de l'île "jusqu'à un jugement équitable, annonce Yves Deshayes. Selon ce dernier, "le mouvement va dépasser les clivages syndicaux et sera suivi, c'est sûr, même si le but du jeu n'est pas de pénaliser les passagers et les compagnies".

En attendant que le boycott fasse éventuellement effet, un comité de soutien s'est organisé et a même lancé une pétition pour soutenir les deux pilotes. Leur seul tort a été d'être "là au mauvais moment et au mauvais endroit", conclut Yves Deshayes. Un peu comme Liana Guillon , mère de famille française, qui a été condamnée en février par la justice dominicaine à 8 ans de prison ferme pour trafic de drogue. Elle a été arrêtée avec 11 kilos de cocaïne dans ses bagages mais a toujours clamé son innocence. 

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