Saint-Etienne-Du-Rouvray : "Quand Adel est rentré de Turquie, il s’est renfermé sur lui-même"

Saint-Etienne-Du-Rouvray : "Quand Adel est rentré de Turquie, il s’est renfermé sur lui-même"
FAITS DIVERS

TÉMOINS - A quelques kilomètres de l’église où a eu lieu l’attentat de mardi 26 juillet, à Saint-Etienne-Du-Rouvray, la mosquée Yahya est sous le choc. Etait-elle fréquentée par Adel Kermiche, l’un des deux assaillants ? A la sortie de la prière, les témoignages divergent.

18h06, c’est l’heure de la troisième prière de la journée à la mosquée Yahya, dans les quartiers nord de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime. Les fidèles, nombreux, assez âgés pour la plupart d’entre eux, se pressent en tenue de prière jusqu’à la petite salle de culte, nichée entre un tranquille lotissement et une église. Au bout de l’étroite allée, quelques journalistes les attendent, leurs caméras posées au sol.

La mosquée au centre des regards

C’est que depuis ce mardi matin, alors que deux assaillants ont assassiné dans son église le père Hamel, prêtre auxiliaire de la ville et blessé trois fidèles dans une prise d’otages revendiquée par le groupe Etat islamique, la mosquée locale attire les regards. Déjà, en novembre 2014, un article du Parisien présentait cet établissement comme étant fréquenté, avec la mosquée d’Elbeuf, par Maxime Hauchard, bourreau de 18 otages syriens décapités dans une vidéo de Daech.

Mais Adel Kermiche, l’un des auteurs de l’attentat de ce mardi, se rendait-il lui aussi régulièrement dans cette mosquée ? Est-elle "la communauté fanatisée" décrite par beaucoup dans l’après-midi, notamment par le président du Modem François Bayrou ?

EN SAVOIR +
>> Les derniers développements en direct
>> Le portrait du prêtre tué, le père Hamel

"Si une personne venait de Daech on la dénoncerait tout de suite"

A la sortie de la prière, beaucoup de fidèles suivent l’exemple du président de la mosquée, Mohammed Karabila, qui assurait à metronews, quelques instants plus tôt, n’avoir jamais croisé le jeune homme au sein de son lieu de culte. M, un fidèle de 22 ans, raconte ainsi : "Je suis choqué, j’ai une boule au ventre depuis ce matin. Je peux vous dire que si une personne venait de Daech dans cette mosquée, on la dénoncerait tout de suite. On se connait tous, il n’y a pas d’extrémistes ici. Tous ces attentats, je les vis très mal. Tout à l’heure, une personne m’a croisé en voiture et m’a demandé : 'Alors, ce qui s’est passé ce matin, c’était toi ?'"

EN SAVOIR + >> Pour l'imam, Adel Kermiche "n'a jamais mis les pieds à la mosquée"

Mais deux jeunes hommes, en route vers chez eux une fois la prière terminée, nous annoncent tout de go avoir croisé le terroriste à plusieurs reprises dans le quartier: "On le connaissait, en plus. On se croisait parfois ici. On se disait bonjour, on se serrait la main." Et les deux fidèles de décrire l’assaillant, dont on sait désormais qu’il portait un bracelet électronique depuis mars 2016 dans le cadre d’une enquête terroriste : "Il paraissait normal, comme nous. Je l’ai toujours connu calme, mais au début de l’année 2015, quand il est revenu de Turquie, Adel s’est renfermé sur lui-même, il ne parlait plus à personne. C’est une mort stupide qu’il a eue, en tuant un innocent." Du côté de l’enquête, l’identification formelle du second assaillant est en cours, et une interpellation a eu lieu en fin de journée à Saint-Etienne-du-Rouvray.

EN SAVOIR +
>> Les chrétiens, cible de Daech en France et dans le monde
>> "Les attaques se déplacent dans des zones moins protégées"

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent