Salah Abdeslam raté de peu en Belgique ? L’imbroglio se poursuit

Salah Abdeslam raté de peu en Belgique ? L’imbroglio se poursuit

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TRAQUE - Toujours introuvable, Salah Abdeslam est au cœur de toutes les spéculations. Alors que le parquet fédéral dément avoir "raté" l’ennemi n°1 deux jours après les attentats, des révélations de la RTBF relancent le débat.

C’est le ministre de la justice belge qui a mis le feu aux poudres. Dans une interview télévisée diffusée mercredi, Koen Geens est revenu sur la traque de Salah Abdeslam à Bruxelles. Et déclare : "L’ennemi public numéro 1 se trouvait vraisemblablement dans une habitation de Molenbeek deux jours après les attentats". Problème : en possession de ces informations, la police belge n’a pu intervenir que le lendemain, lundi 16 novembre. En cause ? Une loi belge interdisant les perquisitions entre 21h et 5h du matin, sur des affaires de terrorisme. "C’était un grand handicap de ne pas pouvoir commencer les perquisitions dans la nuit", commente encore le ministre de la justice.

Le scandale éclate aussitôt : on aurait laissé filer l’ennemi public numéro 1 ! Pourtant, contacté par metronews dans la foulée de ces révélations, le parquet fédéral belge dément fermement : "Les perquisitions qui ont été menées lundi 16 novembre, dans cette maison de Molenbeek, n’ont rien donné. Les informations selon lesquelles Salah Abdeslam s’y trouvait se sont avérées négatives. Cela n’aurait donc rien changé de mener ces perquisitions pendant la nuit."

Caché dans un meuble ?

Puis c’est au tour du cabinet du ministre de la justice de relativiser fortement l’interprétation de ses propos. Le journal belge LaLibre.be , qui s’est entretenu avec un porte-parole, indique ainsi que "le ministre n'a jamais dit que Salah Abdeslam se trouvait dans une maison en particulier et qu'il se serait échappé. Koen Geens aurait bien expliqué les faiblesses des heures de perquisition mais pas du tout pour pointer du doigt une défaillance éventuelle survenue dans la nuit du 15 au 16 novembre." A la télévision, le ministre précise encore, à propos du terroriste présumé :"Comme on ne l’a pas retrouvé, je ne peux pas certifier qu’il était là".

Mais c’était sans compter sur un nouveau rebondissement, survenu ce jeudi matin : selon la RTBF , Salah Abdeslam aurait bien été présent au numéro 47 de la rue Delaunoy, à Molenbeek, cette nuit-là. Une habitation par ailleurs située à cinq minutes à pieds de l’ancien commerce de Mohamed Abrini, lui aussi suspecté d’avoir organisé les attentats de Paris, et lui aussi en fuite. Des complices seraient alors parvenus à dissimuler Salah Abdeslam dans un meuble, le matin de l’intervention des forces spéciales et à l’évacuer en profitant d’un déménagement en cours dans la rue. Un scénario que les sources officielles ne confirment pas. Interrogé à nouveau par nos soins à propos de ces dernières révélations, le parquet fédéral souhaite, cette fois, n’apporter "aucun commentaire". Dans tous les cas, cette loi restreignant les horaires des perquisitions, au cœur du débat, devrait être amendée. Elle entrera en vigueur au début de l’année 2016. En attendant, Salah Abdeslam, lui, demeure toujours introuvable.

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