Salariés radicalisés : polémique à la RATP

Salariés radicalisés : polémique à la RATP

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SECURITE - Lundi, l’enquête révélait que Samy Amimour, l'un des kamikazes qui a tué 89 personnes au Bataclan, avait travaillé 15 mois à RATP. D’après le Parisien ce mardi, l’entreprise de transport serait confronté à une montée du communautarisme religieux. Les faits, repris par les politiques, ne sont cependant pas récents.

Y-a-t-il une montée du communautarisme religieux à la RATP ? La question se pose alors qu'il est apparu, lundi, que Samy Amimour, l'un des kamikazes qui a tué 89 personnes au Bataclan, avait travaillé 15 mois à la Régie des transports. Le fait a été confirmé par l'entreprise. L'homme a bien été conducteur, jusqu'à son départ en octobre 2012.

Mais Samy Amimour se serait-il que la partie émergée d’un phénomène de bien plus grande ampleur ? C’est ce que suggère en tout cas le Parisien ce mardi . Le quotidien se fait l’écho de personnels internes, qui s’inquiètent d’une montée des incidents liés à la religion depuis quelques années. "Certains agents refusent de saluer une femme, arrivent en retard pour faire leur prière, ou même prient sur place", décrit Christophe Salmon, secrétaire général de la CFDT RATP. Des incidents qui auraient commencé il y a 5, 6 ans.

Les politiques s'emparent du sujet

S’appuyant sur une source anonyme, le journal pointe "un recrutement discutable" chez les conducteurs de bus. "Pour éviter le caillassage des bus dans certains quartiers, la RATP a embauché des grands frères au profil peu recommandable. Depuis, elle fait le ménage." La RATP serait par ailleurs l'une des sociétés qui emploierait le plus de personnes faisant l'objet d'une fiche S (Sûreté de l'Etat). Des révélations qui ont fait réagir le monde politique.

 


Le constat est cependant nuancé par la CGT, qui reconnait "des problèmes", mais parle d’un "épiphénomène". Interrogée ce matin en marge d'une conférence de presse, la PDG de la RATP Elisabeth Borne s'est voulu prudente, mais ferme. Non, elle n'a "pas eu connaissance" de ce genre de problème depuis son arrivée, en mai 2015. Mais si de tels faits remontent, et sont avérés, ils seront bien sûr "sanctionnés",  a-t-elle affirmé.

Un Guide de la laïcité et de la neutralité

La PDG appelle cependant à "faire très attention à tous les amalgames qu'on peut entendre", rappelant que l'entreprise était "un des premiers employeurs d'Ile-de-France" et qu'"elle recrute à l'image des quartiers qu'elle dessert". "L'entreprise est le reflet de ce qu'il se passe dans la société, et est très consciente de ce qu'il peut se passer", indique à metronews une porte-parole de la RATP. "Elle est dotée d'un code règlementaire très strict sur le sujet qui permet de prendre des mesures. Mais elles ne sont possibles que si l'incident est remonté à la direction." Ce qui, jusque-là, n'a apparemment pas été le cas. Quant aux fiches S supposées de certains salariés, la RATP indique qu'en temps qu'employeur, elle n'a aucune connaissance, ni aucun moyen de posséder ce genre de renseignements sur ses salariés.

Au-delà des événements de ces derniers jours, la question du communautarisme religieux n’est pas nouvelle à la RATP. Pour preuve cette clause sur l'obligation de laïcité adoptée en 2005 dans les contrats de travail des agents, puis un code éthique instauré en 2011 en direction des managers. En 2012, une vidéo tournée par le site proche de l’extrême-droite, Riposte Laïque , montrait des femmes machinistes du dépôt de Nanterre, témoigner anonymement de sexisme et harcèlement de la part de certains de leurs collègues masculins, religieux. Les révélations avaient provoqué un branle-bas de combat, et une enquête interne avait été ouverte. Celle-ci avait confirmé, rappelait à l’époque l’Express , l’existence de "poussées communautaristes", mais sans faire apparaître "aucun élément structuré ou organisé qui puisse faire l'objet d'une sanction ou d'un début de procédure disciplinaire". Pas de sanction donc, mais une mesure : la distribution aux managers d’un Guide de la laïcité et de la neutralité en mars 2013.

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