Seine-Saint-Denis : un homme mis en examen pour l'assassinat de la marathonienne Zenash Gezmu

Seine-Saint-Denis : un homme mis en examen pour l'assassinat de la marathonienne Zenash Gezmu

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FEMINICIDE - Un homme a été mis en examen pour "assassinat" et écroué jeudi 30 novembre dans l'enquête sur la mort de l'athlète éthiopienne. La jeune femme de 27 ans a été frappée et étouffée dans son appartement de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis) deux jours plus tôt.

Un homme de 28 ans a été mis en examen pour "assassinat" dans l'enquête sur la mort de Zenash Gezmu, a-t-on appris auprès du parquet de Bobigny. Le corps de cette marathonienne avait été découvert mardi dans son appartement de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis). 


La jeune femme de 27 ans, réfugiée venue d'Ethiopie, était arrivée en France en 2011. Après avoir été licenciée trois ans à Neuilly-sur-Marne, elle venait d'intégrer la section athlétisme du Stade français. C'est un homme, originaire comme elle d'Ethiopie et arrivé en France il y a deux ans, qui s'est présenté dans un commissariat parisien mardi matin pour dire qu'il l'avait tuée.

"Elle avait confié à une amie qu'il la harcelait"

L'enquête, confiée à la police judiciaire de Seine-Saint-Denis, devra éclaircir les zones d'ombre qui entourent encore cette affaire. Mais selon les premiers éléments, l'assassin présumé ne serait pas son compagnon et ne vivait pas avec elle, comme cela a été un temps évoqué dans la presse. "Il semble qu'il la harcelait. C'est ce qu'elle avait confié à une amie",  explique à LCI une source proche de l'enquête. L'homme est désormais poursuivi pour assassinat, laissant entendre qu'il a prémédité son crime. "Les enquêteurs pensent qu’il est allé chez elle en vue de la tuer", poursuit cette source. 


L'homme s'en défend mais il a livré devant les enquêteurs des explications confuses sur les motivations de son geste. Le rapport d'autopsie de la victime a révélé trois plaies sur le visage et un décès par "asphyxie". Le suspect a indiqué qu'il l'avait étouffée et frappée avec l'un de ses nombreux trophées qui trônaient dans le deux-pièces de la résidence HLM. 

La mort violente de Zenash Gezmu a eu un fort retentissement, notamment dans le milieu sportif. Toutes les personnes qui l'ont connue décrivent une femme battante et discrète qui avait travaillé dur pour en arriver là. En 2016, elle avait bouclé le marathon d'Amsterdam en 2h32 et le semi-marathon de Montargis en 1h16. "Il n’y en a pas beaucoup comme elle, qui se lèvent à 5 heures pour s’entraîner, matin et soir, après avoir fait des ménages dans un hôtel, a témoigné dans le Parisien, Nicolas Valat, son entraîneur à Neuilly-sur-Marne. Ce qui comptait pour elle, c’était de faire des performances, pour être reconnue de la fédération française et remercier le pays qui l’avait accueillie." 


Zenash Gezmu avait entamé des démarches pour obtenir sa naturalisation. Une demande qui avait été refusée, faute d'une bonne maîtrise de la langue. Loin d'être abattue, l'athlète prenait depuis des cours pour perfectionner son français. Un hommage lui sera rendu dimanche au cross de Neuilly-sur-Marne, une course où elle avait fini deuxième l'an passé.

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