Sevran : des entrepreneurs véreux aux méthodes musclées devant la justice

FAITS DIVERS

JUSTICE – Lundi, quatre entrepreneurs qui faisaient régner la terreur dans la cité des Beaudottes à Sevran (93) pour faire fleurir leur entreprise de BTP seront jugés par le tribunal correctionnel de Bobigny.

Leur petite entreprise ne connaissait pas la crise, et pour cause. Lundi, quatre entrepreneurs seront jugés devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour menaces, chantage et association de malfaiteurs. Les quatre hommes, âgés de 25 à 30 ans, sont soupçonnés d’avoir récupéré, par la force, le marché des travaux et menues réparations dans les HLM de la cité sensible des Beaudottes, à Sevran (Seine-Saint-Denis). Ils avaient été arrêtés à la fin du mois de septembre.

L'enquête conduite par la police judiciaire du département a révélé que grâce à leurs méthodes musclées, et illégales, leur entreprise, AFI, détenait le monopole des travaux dans la cité. Et si un marché lui échappait, le patron de l’entreprise n'hésitait pas à mettre la concurrence sous pression, réclamant plusieurs dizaines de milliers d'euros à titre de compensation.

Des menaces de mort

Et si cela ne suffisait pas, AFI enchaînait parfois avec les menaces. "Faut plus venir travailler ici, maintenant c'est nous", aurait ainsi proféré le chef de l'entreprise à un gérant d'une société rivale, en 2008, rapportent les enquêteurs. Le patron a également sorti, un jour, une arme de poing, pour menacer un concurrent de mort, s'il s'aventurait dans le quartier.

Par ailleurs, lors de leurs investigations, les enquêteurs ont découvert que les gardiens des immeubles de la cité étaient "rémunérés" pour signaler à AFI tout dégât dans le bâtiment dont ils avaient la charge. Une rémunération qui prenait la forme d’enveloppes garnies de quelques billets glissés en toute discrétion. L’entreprise intervenait ensuite et surfacturait souvent le montant des travaux.

Menace, chantage, bakchich, surfacturation, l’histoire ne s’arrête pas là. Certains jeunes de la cité intimidaient également les prestataires extérieurs qui s’aventuraient dans la cité, le "territoire" d'AFI. Devant la justice, les quatre malfaiteurs présumés devront répondre de nombreux délits, allant de l’extorsion par la violence en passant par le blanchiment aggravé.

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