Tensions en Corse : une manifestation bloquée par la police devant les Jardins de l'empereur

Tensions en Corse : une manifestation bloquée par la police devant les Jardins de l'empereur

COUP DE CHAUD - Après les débordements racistes qui ont fait suite à l'agression de pompiers, jeudi soir près d'Ajaccio, le préfet a interdit les manifestations en Corse. Dimanche, un important dispositif était déployé aux abords du quartier des Jardins de l'Empereur, théâtre de ces débordements. Deux personnes ont été placées en garde à vue dans l'enquête sur le guet-apens de jeudi soir.

Un état d'urgence dans l'état d'urgence. Alors que la France vit en alerte maximale depuis les attentats du 13 novembre à Paris, la Corse faisait l'objet, dimanche, de mesures de sécurité exceptionnelles. Après l'interdiction totale de manifester prononcée par le préfet dans la nuit de samedi à dimanche, les forces de l'ordre ont mis en place un dispositif pour "sanctuariser" le quartier populaire des Jardins de l'Empereur, théâtre de fortes tensions depuis jeudi soir. L'objectif était, dimanche, d'empêcher toute tentative de manifester dans ce secteur situé à proximité d'Ajaccio. Au total, 150 hommes étaient déployés à l'entrée du quartier.

Appel à manifester

Un nouvel appel à manifester a été lancé pour ce dimanche après-midi. 300 personnes se sont regroupées à l'entrée de ce quartier des hauteurs de la ville mais leur progression a été bloquée par les forces de l'ordre. Le rassemblement est resté calme, selon des journalistes sur place.

Depuis jeudi - en réaction à des attaques sous forme de guet-apens contre des pompiers en intervention dans ce quartier le soir de Noël -, les tensions n'ont cessé de monter sur l'île de Beauté. Vendredi soir, une salle de prière musulmane a été saccagée en marge d'une première manifestation de soutiens aux pompiers. Samedi, des centaines de manifestants se sont à nouveau rendus dans le quartier des Jardins de l'Empereur, scandant cette fois les slogans : "On est chez nous" et "Arabes dehors" .

Deux gardes à vue

Un jeune homme a été interpelé mais aucun lien n'a pour l'heure pu être établi avec le guet-apens contre deux pompiers et un policier, a indiqué une source policière. Dans l'après-midi, un second homme d'une vingtaine d'années s'est spontanément présenté aux policiers. Rien ne permet pour l'instant de relier ces deux habitants des Jardins de l'empereur à l'agression des fonctionnaires.

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Ces événements ont motivé la décision du préfet de Corse, Christophe Mirmand, d'interdire toutes les manifestations sur l'île jusqu'au 4 janvier. "Il faut que ces comportements cessent, ils altèrent l'image de la Corse", a jugé le représentant de l'Etat, pointant "des propos choquants et inacceptables". Malgré le calme qui régnait sur place dimanche matin, le quartier restait sous haute tension.

Selon le témoignage  sur BFMTV  d'une femme pompier blessée jeudi soir, les auteurs du guet-apens qui a déclenché les tensions avaient insulté et menacé pompiers et forces de l'ordre, les traitant de "sales Corses de merde, on est ici chez nous". D'après le parquet, deux jeunes d'une vingtaine d'années ont été placés en garde à vue dimanche dans le cadre de l'enquête sur ces agressions. 

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