Terrorisme : le scénario inquiétant du patron de la DGSI

TERRORISME - Interrogé par la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015, Patrick Calvar redoute que l'organisation terroriste passe "au stade des véhicules piégés et des engins explosif". Toujours selon le patron de la DGSI, à terme, "une confrontation entre l'ultra droite et le monde musulman" est possible.

Le 24 mai dernier, Patrick Calvar était auditionné par la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015. Une réunion à huis-clos devant les élus pour le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) qui, près de deux mois plus tard, a enfin été rendue publique. L'occasion pour ce spécialiste de l'antiterrorisme de faire part de ses craintes sur les possibles actions du groupe Etat islamique en France.

"Je suis persuadé qu'ils passeront au stade des véhicules piégés et des engins explosifs, et ainsi qu'ils monteront en puissance", estime d'emblée Patrick Calvar. Et de préciser sa pensée : "Ils vont finir par projeter des commandos dont la mission consistera à organiser des campagnes terroristes sans nécessairement aller à l'assaut avec la mort à la clef. (…) Pour cela, il leur faut des artificiers et organiser toute une logistique, c'est-à-dire s'installer sur notre territoire, acquérir tous les produits".

"Une confrontation entre l'ultra droite et le monde musulman"

Selon le patron de la DGSI, le recours à ce mode opératoire ne serait qu'une question de temps : "Nous savons très bien qu'ils vont recourir à ces modes opératoires: ils ont bien vu les effets provoqués par une opération massive. Ce qui s'est passé en Belgique résulte du fait que, coincés, ils ne pouvaient plus s'engager dans des actions multiples. Mais, une fois encore, dès qu'ils auront projeté sur notre territoire des artificiers, ils pourront éviter de sacrifier leurs combattants tout en créant le maximum de dégâts."

Malgré ces sombres précisions, Patrick Calvar l'assure : "Je pense que nous gagnerons contre le terrorisme." A un détail près :"Je suis en revanche beaucoup plus inquiet de la radicalisation de la société et du mouvement de fond qui l'entraîne. (…) C'est ce qui m'inquiète quand je discute avec tous les confrères européens : nous devrons, à un moment ou un autre, dégager des ressources pour nous occuper d'autres groupes extrémistes parce que la confrontation est inéluctable", a-t-il estimé. Et de préciser: "Vous aurez une confrontation entre l'ultra droite et le monde musulman - pas les islamistes mais bien le monde musulman".

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