Tours : elle ordonne le braquage de son propre bar pour toucher l'assurance

Tours : elle ordonne le braquage de son propre bar pour toucher l'assurance

FAIT DIVERS - En mauvaise situation financière, une buraliste de Tours avait organisé l'an dernier le braquage de son propre commerce pour toucher l'assurance. Mais le pot aux roses a été découvert...

Une buraliste de Tours, en Indre-et-Loire, a été condamnée jeudi soir par le tribunal correctionnel à 2 ans de prison avec sursis pour avoir organisé le braquage de son bar- tabac PMU en septembre 2014 afin d'éviter la faillite. Les deux complices de la buraliste ont eux aussi été condamnés : 15 mois ferme pour l'auteur du faux braquage, et 18 mois avec sursis pour un homme de main.

La "victime" connaissait l'"agresseur"

La mise en scène avait bien fonctionné, dans un premier temps, et l'assurance La Maison des Buralistes (Mudetaf) avait été bel et bien escroquée. Elle a obtenu du tribunal plus de 38.000 euros de dommages et intérêts en remboursement des primes versées.

Appelée sur les lieux, la police avait retrouvé la buraliste ligotée et en pleurs. Mais les enquêteurs ont vite découvert le pot aux roses en recherchant l'auteur du faux braquage, une connaissance du compagnon de la prétendue victime. Il devait recevoir la moitié du prétendu butin, soit 19.000 euros, mais n'en a jamais vu la couleur.

Acculée à la faillite

Pour justifier cette arnaque à l'assurance, Me Jean-Raphaël Mongis, l'avocat de la prévenue, Sylvie Quentin, 53 ans, a expliqué que sa cliente était acculée à la faillite par les charges et les faibles rentrées d'argent de son bar. D'autant que nombre de clients de ce quartier populaire de Tours ne payaient pas toujours leurs consommations.

La condamnation est accompagnée d'une interdiction de gérer un commerce pendant 10 ans. "Quoiqu'il en soit, sa vie est foutue. Elle n'ose plus se présenter devant des clients, ni des fournisseurs, elle a tout perdu dans cette histoire", a plaidé Me Mongis, qui a souligné que son "soi-disant expert-comptable n'était qu'un prestataire" et que la banque de l'établissement avait toujours opéré un "silence radio" inquiétant sur les comptes du bar.

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