Trois morts à Sarcelles : ce que l'on sait d'Arnaud M., le policier qui a "basculé dans la folie meurtrière"

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DRAME - Un policier de 31 ans, "bon fonctionnaire" et apprécié de sa hiérarchie, a tué samedi soir à Sarcelles trois personnes et grièvement blessé trois autres avec son arme de service avant de se suicider.

Arnaud M. venait de finir son service lorsqu’il a retrouvé son ex petite amie qui "l'attendait pour discuter de leur séparation dans sa voiture". Ainsi a débuté le parcours meurtrier du policier qui a abattu trois personnes et en a blessé trois autres à Sarcelles samedi soir avant de se suicider. Un gardien de la paix qui travaillait au sein de la Compagnie de Sécurité et d'Intervention à Paris, ancien gendarme mobile"très rigoureux", et qui n’avait jamais fait parler de lui. "Selon ses chefs de service, c’était un bon fonctionnaire", a indiqué dans un communiqué de presse le procureur de la République de Pontoise, Eric Corbaux.


Un homme de 31 ans décrit comme sans histoires et qui avait simplement confié à certains de ses collègues mal vivre sa séparation. Dans la voiture, Arnaud M. a pourtant sorti son arme de service et tiré sur celle qui voulait le quitter. Gravement blessée au visage, la jeune femme était toujours dans un état critique ce dimanche. Arnaud M. a ensuite abattu deux personnes sur la voie publique et qui auraient tenté de s’interposer. D'abord un homme âgé de 30 ans, qui écoutait de la musique dans sa voiture, garée face au pavillon de sa mère, et "venait voir ce qui se passait", selon le procureur. Puis un autre passant, âgé de 44 ans, parti chercher des cigarettes et qui fêtait ce soir-là son anniversaire. Noria Madani se demandait dimanche ce qu'elle allait dire à ses neveux "inconsolables", de 7, 11 et 14 ans : "On leur dit que la police est là pour les protéger et un policier tue leur père, un homme qui ne supportait pas l'injustice et qui est mort d'avoir voulu sauver une femme", a-t-elle déclaré à la presse. 

Le policier ne s’est pas arrêté là. Il s’est rendu au pavillon de la famille de sa petite amie, à une dizaine de mètres de là, où il a tué le père de famille et blessé gravement au thorax la mère tandis que la sœur de la jeune femme a reçu une balle dans le fémur. Arnaud M. sera "retrouvé mort d'une balle dans la tête, son arme à la main, au fond du jardin". Le député PS du Val-d'Oise et ancien maire de Sarcelles François Pupponi a qualifié au micro de LCI "d’horreur terrible" le geste de cet "homme qui a basculé dans la folie meurtrière". 

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Une émotion d’autant plus forte que le député connaissait les deux passants tués. "J’ai vécu dans cette rue, donc le hasard faisait qu’on se croisait régulièrement les uns et les autres. Il s’agit de deux familles que je connais bien, qui sont dans l’incompréhension la plus totale, nous a-t-il confié. Un jeune de 20 ans est mort devant chez sa mère, il était dans la rue, il rentrait chez sa mère et il a été tué. Une autre personne allait fêter son anniversaire avec ses enfants et était sorti acheter des cigarettes." Sur sa route, il a croisé celle d'Arnaud M. qui ne lui a laissé aucune chance. 

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