Trois mosquées et quatre salles de prière fermées avec l’état d’urgence

Trois mosquées et quatre salles de prière fermées avec l’état d’urgence

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ATTENTATS - Une vaste opération de police a visé mercredi une mosquée présentée comme salafiste à Lagny-sur-Marne, en région parisienne, entraînant la fermeture du lieu de culte, la troisième décidée par les autorités depuis l'instauration de l'état d'urgence.

Elle était présentée comme salafiste. Une vaste opération de police a visé mercredi une mosquée à Lagny-sur-Marne, en région parisienne, entraînant la fermeture du lieu de culte. C’est la troisième décidée par les autorités depuis l'instauration de l'état d'urgence.

Un revolver retrouvé à Lagny

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a promis la "dissolution définitive", "dans les meilleurs délais", "des trois associations pseudo-cultuelles concernées" à Lagny, en Seine-et-Marne. C'est la première fois que le gouvernement annonce la dissolution d'associations cultuelles depuis les tueries qui ont fait 130 morts. Les deux autres mosquées fermées l'ont été à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) et L'Arbresle (Rhône). Leur fermeture durera le temps de l'état d'urgence. A Nice, ce sont "quatre salles de prière clandestines" qui ont été fermées, selon le ministère de l'Intérieur. "De telles mesures de fermetures de mosquées pour motif de radicalisation n'avaient jamais été prises auparavant, par aucun gouvernement", a assuré le ministre. Une manière de répondre à Nicolas Sarkozy, qui avait affirmé que "plusieurs" mosquées salafistes ou radicalisées avaient été fermées sous son quinquennat.

A Lagny, des perquisitions ont abouti à 22 interdictions de sortie du territoire et neuf assignations à résidence "d'individus radicalisés". Chez les "dirigeants" de la mosquée ont été saisis un revolver dont le propriétaire a été placé en garde à vue, ainsi que des documents sur le djihad et "un disque dur dissimulé". L'imam salafiste français Mohamed Hammoumi, 34 ans, qui officiait dans cette mosquée jusqu'à son départ en Egypte fin 2014, était depuis un moment dans le viseur des autorités qui lui reprochent d'avoir "joué un rôle majeur dans l'endoctrinement et le recrutement de volontaires pour le jihad en Syrie", où se sont enrôlés "une dizaine de ses fidèles". "Il a compté parmi ses élèves des personnes apparues dans l'entourage immédiat d'auteurs d'attentats terroristes", faisait valoir Bercy dans un arrêté pris en avril pour geler ses avoirs.

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"On ne cache rien"

"On n'a rien caché, on ne cache rien", a martelé sur place le président de l'Association des musulmans de Lagny, qui gère la mosquée installée depuis l'été dans des préfabriqués sur un terrain loué par la mairie, entre un gymnase et un camp de gens du voyage de cette commune de 21.000 habitants. "Je ne m'attendais pas à la fermeture. C'est ce qui m'a fait mal, surtout qu'on n'a rien trouvé", a dit ce responsable, Mohammed Ramdane, dont le domicile a été perquisitionné. "Il y a des fidèles qui viennent tous les jours, ils ne vont plus trouver où aller prier."

Selon lui, "on doit pas faire porter" à l'équipe actuelle "le fardeau de ce qui s'est passé" auparavant. "On n'autorise aucun discours qui met en cause le projet d'amour de l'islam", a-t-il assuré. "D'anciens amis de Mohamed Hammoumi étaient toujours là", a toutefois confié le maire UDI Jean-Paul Michel, tout en affirmant que la nouvelle mosquée, gérée par "une association paisible", avait "des relations sereines avec le voisinage et la ville". Bernard Cazeneuve a rappelé que 65 imams ou prédicateurs avaient été expulsés depuis mai 2012, dont 34 pour la seule année en cours. Contre 19 sous le quinquennat Sarkozy, a-t-il précisé. Les fermetures de mosquées sont diversement reçues dans les rangs musulmans. Certains responsables soulignent que, avec 2.500 lieux de culte, l'islam manque déjà de salles de prière en France, et préfèrent que les imams et prédicateurs radicaux soient ciblés, plutôt que les lieux eux-mêmes.

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