Un an après Magnanville : la lente reconstruction de Mathieu, l’enfant des policiers assassinés

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FAITS DIVERS – Un an après l’attentat de Magnanville, qui a coûté la vie à deux policiers, LCI revient sur la prise en charge de Mathieu, l’enfant du couple de policiers, désormais orphelin…

Spectateur d’une violence inouïe. Un an après le drame de Magnanville, l’équipe qui accompagne Mathieu, le fils du couple de policiers assassinés, en est persuadée. L’enfant a assisté à la scène d’égorgement. "Il a dû ressentir la terreur de sa maman. Puis a été séquestré et sauvé par nos collègues du RAID", explique Stéphane Boutelière, président d’Orphéopolis, une structure associative qui accompagne financièrement et moralement la famille des policiers.


Lorsque les hommes du RAID entrent dans la maison, ils trouvent Mathieu, trois ans et demi à ce moment-là, dans un état de complète sidération. Il restera, selon nos informations, agrippé aux bras d’un policier du RAID pendant plusieurs heures. "C’est un drame qui a beaucoup marqué voire bouleversé certains de nos policiers d’élite qui sont pourtant rompus aux interventions difficiles", souligne-t-on dans les rangs.

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Magnanville : un an après, les policiers vivent dans une peur diffuse

En chiffres

  • 13.700 orphelins

    Orpheopolis apporte un soutien à 3.700 orphelins de policiers, dont 1.000 mineurs. 

  • 23

    Trois sites-villages pouvant accueillir à temps plein les orphelins de policiers, morts en service ou en dehors, ont été construits par la structure.

  • 3120.000 donateurs

    Orpheopolis vit des cotisations des policiers (38.000 adhérents) mais surtout des donateurs (12.000 donateurs actifs). 

Immédiatement après le drame, Mathieu a été pris en charge par des psychologues. "Au début, on pensait que sa chance serait de ne pas s’en souvenir. Mais on s’est rendu compte au fur et à mesure que certaines choses ressortaient", poursuit Stéphane Boutelière. Le jeune garçon a été placé sous la tutelle de sa tante. Et vit aujourd’hui avec ses cousins. Il voit par ailleurs régulièrement Hugo, 12 ans, le fils aîné de Jean-Baptiste Salvaing, issu d’une première union. Lui aussi bénéficie d’une assistance de la part d’Orpheopolis. 

Si jour après jour, l'entourage familial - qui pour des raisons évidentes de sécurité et d'intimité ne souhaite pas apparaître dans la presse - tente de reprendre une vie normale, le chemin est encore long. "Les images peuvent survenir tout au long de son enfance puis de son adolescence", ajoute le président d'Orphéopolis. "D'où l'importance de le suivre. Ici, il saura qu'il pourra toujours compter sur nous", conclut-il.

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