Un ancien otage dépose plainte contre l'Etat et Areva

Un ancien otage dépose plainte contre l'Etat et Areva

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LA VIE D'APRÈS - Thierry Dol, ex-otage d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, annonce dans Le Parisien déposer plainte pour comprendre les conditions de sa libération. "Je veux juste avoir le droit de me reconstruire", plaide-t-il.

Pendant 1139 jours, il a vécu comme un esclave auprès d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Thierry Dol, aujourd'hui 34 ans, a été libéré le 30 octobre 2013. Lundi, il annonce dans les colonnes du Parisien son intention de déposer plainte contre l'Etat français et son ancien employeur Areva pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "non-assistance à personne en danger".

"J'ai besoin de savoir", dit celui qui ne s'était jusqu'à présent jamais exprimé dans les médias. Thierry Dol dit ne pas savoir grand chose des conditions de sa libération. "J'ignore encore s'il y a eu rançon, si oui combien, les intermédiaires éventuels, les autres contreparties", explique-t-il. Et puis l'ancien ingénieur d'Areva veut en savoir plus sur les mesures de sécurité prises par son employeur sur le site d'Arlit, au Niger, où il avait été enlevé en 2010.

"Ils avaient beau jeu de nous mettre en scène"

Il reste d'ailleurs amer et estime avoir été "abandonné" pendant ses longs mois de détention. Sur le tarmac de la base aérienne de Villacoublay, sa grande silhouette et son sourire avaient marqué les esprits. "On me voit sourire mais je me disais qu'ils avaient beau jeu de nous mettre en scène après nous avoir abandonnés", dévoile-t-il aujourd'hui.

Thierry Dol livre également des détails sur ses conditions de détention, raconte être passé "du statut d'esclave à celui d'animal" après avoir tenté de s'échapper avec son co-détenu Daniel Larribe. Pour lui, "le plus dur était d'accepter cet état de soumission". 

"26 euros par jour de détention"

C'est un autre combat qu'il mène depuis son retour dans sa Martinique natale. "Le fonds de garantie (qui indemnise les anciens otages, ndlr.) m'a proposé 26 euros par jour de détention", déplore-t-il alors que, selon lui, d'autres otages ont été mieux indemnisés. "Avons-nous moins souffert qu'eux ?", interroge l'ingénieur. Alors aujourd'hui, Thierry Dol "ne veut plus être l'otage de personne".

EN SAVOIR + >> Les conditions mystérieuses d'une libération

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