Un bébé appelé Mohamed Merah à Nice : la mairie pas d'accord

Un bébé appelé Mohamed Merah à Nice : la mairie pas d'accord
FAITS DIVERS

ÉTAT CIVIL - Les parents d'un petit garçon né au début du mois à Nice ont déclaré leur nouveau-né sous le patronyme de "Mohamed, Nizar Merah", évoquant ainsi celui du tueur de Toulouse et Montauban en 2012. La Ville a saisi le procureur de la République de Nice pour interdire ce prénom.

Il est né au début du mois et s'appelle "Mohamed Nizar Merah". Ce vendredi, la mairie de Nice a annoncé qu'elle avait saisi la justice pour faire modifier l'état-civil de ce bébé déclaré le 4 novembre sous ce nom évoquant celui du terroriste de Toulouse et Montauban en 2012.

En France, les officiers d'état-civil ne peuvent plus décider d'interdire un prénom. La municipalité estime cependant que ce choix des parents, dont nom est homonyme à celui du djihadiste, de donner à leur fils les prénoms Mohamed et Nizar "pouvait être contraire à l'intérêt de l'enfant" et assimilé à une apologie du terrorisme.

"Alors que notre ville a été touchée de plein fouet par un attentat cet été et que ses habitants sont encore meurtris, il est inadmissible de constater de tels agissements. C’est pour cette raison que nous avons alerté le procureur afin qu’il prenne les mesures adéquates pour faire modifier cet acte de naissance dont le contenu porte atteinte à notre République", a indiqué Christian Estrosi, premier adjoint de la municipalité et président de la Métropole Nice Côte d'Azur. "La ville de Nice et ses agents restent vigilants quant à tout comportement ou acte qui pourrait être assimilé à une apologie du terrorisme", ajoute-t-il.

Décision dans quelques jours

Il revient maintenant au procureur de la République de trancher, sous quelques jours. "Ce qui prime, c'est l'intérêt de l'enfant", a précisé à l'AFP le procureur Jean-Michel Prêtre. "Il n'y a plus, comme cela pouvait exister autrefois, il y a encore quinze ans, des prénoms qui seraient interdits car ce ne serait pas des vrais prénoms. Aujourd'hui tous les prénoms sont possibles, sauf quand c'est de nature à porter préjudice à l'enfant", a-t-il ajouté.

C'est à lui désormais d'apprécier si le choix de la famille risque de pénaliser l'enfant et s'il faut demander à ses parents de choisir un autre prénom, ou d'inverser l'ordre de ses prénoms. La famille disposera d'un droit de recours devant le tribunal de grande instance (TGI) dans une composition civile.

Mohamed Merah avait assassiné sept personnes en mars 2012 : un militaire à Toulouse, puis deux parachutistes à Montauban, et trois enfants et un adulte dans une école juive de la Ville Rose. Il avait tué le 22 mars par la police dans l'appartement où il s'était retranché. Ces crimes, en pleine campagne présidentielle, avaient plongé dans la stupeur le pays qui fait depuis face à une menace djihadiste sans précédent.

En vidéo

"De l'agneau au loup", la transformation de Mohamed Merah vue par son ancien avocat

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent