Fausse alerte à Paris : un canular réalisé avec un simple logiciel téléchargé sur Internet ?

REVENDICATION - Deux individus se présentant comme des hackers de 16 et 17 ans ont revendiqué sur Facebook être à l'origine de l'appel téléphonique qui aurait déclenché la fausse alerte attentat dans l'église Saint-Leu, en plein coeur de Paris samedi.

Un simple canular téléphonique à l'origine de la fausse alerte attentat samedi à Paris ? Deux individus ont revendiqué, auprès de L'Obs, être à l'origine de l'appel qui aurait déclenché la vaste opération policière à l'église Saint-Leu, dans le quartier des Halles. Et qui auraient, une heure avant l'envoi de l'alerte attentat via l'application gouvernementale SAIP, annoncé leurs intentions sur Facebook. 


Se faisant appeler "Tylers Swatting" et "Zakhaev Yamaha", ces adolescents de 16 et 17 ans, ont expliqué à L'Obs que leur "projet initial était de 'swatter' une mosquée mais après Saint-Etienne-du-Rouvray, [ils se sont] dit que ça marcherait mieux avec une église". Le swatting est un canular téléphonique qui consiste à faire croire à un incident grave en appelant les forces de l'ordre, dans le but de déclencher une intervention des forces spéciales (le "SWAT" est l'acronyme de l'unité d'élite de la police américaine). 

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Sur l'antenne de RTL, l'un des deux hackers se défend ce lundi matin de toute motivation politique ou religieuse, et affirme que leur "coup" a été réalisé grâce à un simple logiciel, téléchargé sur Internet. Pour ce faire, ils ont contacté la préfecture de police en se faisant passer pour le prêtre de l'église. "J'ai dit que j'étais caché dans la cave et que dix maghrébins (sic) étaient rentrés avec des armes dans l'église", glisse l'un d'entre eux à L'Obs, qui explique avoir pu écouter un enregistrement partiel de l'appel. "On a fait ça pour le buzz", fanfaronne-t-il. "Si les gens ont peur, c'est leur problème".


Sur cet enregistrement d'une vingtaine de minutes, précise le site de l'hebdomadaire, "on entend trois policiers différents prendre successivement l'appel, demander des précisions sur le nombre de personnes présentes dans l'église, l'apparence physique des preneurs d'otages et leur équipement". 

S'il est difficile, à ce stade, de vérifier si ces deux individus sont bien les auteurs de l'appel qu'on effectivement reçu les forces de l'ordre à 15h33 samedi, leurs propos semblent correspondre avec les premiers éléments de l'enquête. Contacté par L'Obs, Pierre-Henry Brandet, le porte-parole du ministère de l'Intérieur,  a évoqué un "comportement irresponsable", dans le "contexte terroriste actuel", sans donner plus de détails sur la crédibilité de ces propos. 


Sur Facebook, souligne L'Obs, l'un des deux hackers à l'origine de coup de fil se présente comme "Sergent" de l'"Armée de défense d'Israël" et se dit "fan" du hacker franco-israélien Ulcan (Grégory Chelli), qui s'est fait connaître en 2014 pour avoir, notamment, "swatté" la famille d'un journaliste de Rue89. Le hacker avait usurpé l'identité du père de ce dernier pour appeler la police, affirmant qu'il venait de tuer femme et enfant. Un appel qui avait provoqué l'irruption du GIGN chez lui en pleine nuit. Quatre jours plus tard, le père du journaliste avait été victime d'infarctus, dont il a fini par succomber. 

Ulcan, un hacker cité comme référence... mais qui s'en serait bien passé. L'homme qui avait "swatté" le journaliste Pierre Haski, précise à LCI qu'il n'a rien à voir avec les auteurs du canular de l'église Saint-Leu, qu'il considère comme des amateurs "immatures". 


Des jeunes gens qui ont tout de même réussi à mobiliser tout l'arsenal d'intervention antiterroriste, de la BRI à l'hélicoptère de la Sécurité civile. Dans l'après-midi, un adolescent de 16 ans, soupçonné d'être l'un des hackeur, était interpellé.

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