Un cyberdjihadiste marocain jugé en France

Un cyberdjihadiste marocain jugé en France
FAITS DIVERS

JUSTICE - Accusé d'avoir projeté des actions terroristes au Maroc, un cyberdjihadiste marocain, habitant près de Rouen, comparaît à partir de lundi devant le tribunal correctionnel de Paris.

Il avait parlé de simples "conneries" virtuelles, arguant au passage la "liberté d'expression". Des arguments qui n'avaient pas vraiment convaincu la justice, laquelle avait décidé de le renvoyer devant le tribunal correctionnel de Paris pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme".

A partir de lundi, Fahd J., 36 ans, devra faire preuve de plus de conviction pour expliquer ses longues diatribes djihadistes déversées sur Internet qu'il avait minimisées devant les enquêteurs. Face aux policiers, le mis en cause avait assuré vouloir simplement "faire peur aux services secrets marocains" et "faire croire qu'il y avait quelque chose alors qu'il n'y avait rien". Mais pour les enquêteurs qui l'avaient identifié en 2012, ce Marocain habitant près de Rouen s'apprêtait à passer du virtuel au réel dans son pays.

"Frapper les ambassades françaises"

Très prolixe sur Internet, Fahd J. passait des heures à visionner des vidéos djihadistes de décapitations, à alimenter un forum sur lequel il se vantait de créer une "katiba" - une brigade d'une centaine de personnes pour Al-Qaïda au Maroc - et à déverser sa haine contre le roi du Maroc Mohamed VI ou la France qu'il qualifiait de "plus grand diable sur terre", appelant à "la détruire" et à frapper les ambassades françaises à coups d'opérations suicide qu'il glorifiait. Les communications enregistrées par les policiers ont montré qu'il avait acquis auprès de ses "correspondants" une certaine crédibilité, au point que certains, identifiés comme ayant un projet terroriste, s'adressaient à lui comme interlocuteur reconnu.

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Durant l'été 2012, le cyberdjihadiste était parti à Djerba pour tenter de rencontrer, sans succès, Seif Allah Ben Hassine, alias Abou Lyad, le chef d'Ansar Asharia, principal mouvement djihadiste tunisien classé "terroriste" par la Tunisie et les Etats-Unis. Un voyage dont il dit ne pas se rappeler mais qui semblait pourtant lui avoir donné des idées. Quelques mois après, il animait une réunion avec une dizaine de jeunes fraichement convertis à l'islam, s'intéressait à la confection d'explosifs, au maniement des armes, et aux clubs de tirs de son département. Des éléments qui, à la lumière des attentats de la semaine dernière, prennent une résonance toute particulière. Il encourt dix ans de prison.
 

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