Un mois de prison ferme pour Brandao : "La justice a voulu marquer le coup"

FAITS DIVERS
JUSTICE – Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Brandao à un mois de prison ferme et 20.000 euros d'amende pour le coup de tête qu'il a asséné à Thiago Motta en août. Un "jugement sévère" de l'avis de tous, même si l'attaquant de Bastia n'a pas arrangé son cas...

C'est sûrement l'un des coups de tête les plus cher payé de l'histoire du football français. Le joueur du FC Bastia, Evaeverson Lemos da Silva, dit Brandao, a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris à un mois de prison ferme et 20.000 euros d'amende . En cause, son retour de vestiaire le 16 août dernier, quelques minutes après le coup de sifflet final de PSG-Bastia, où il avait asséné ce geste non réglementaire à Thiago Motta avant de déguerpir. Une scène furtive néanmoins immortalisée par les caméras de vidéosurveillance du Parc des Princes.

Si le footballeur brésilien ne devrait pas mettre les pieds derrière les barreaux grâce à un aménagement de peine, la sanction n'en est pas moins lourde de sens. "De mémoire, je ne me souviens pas d'affaires disciplinaires dans lesquelles des joueurs professionnels auraient écopé ensuite de peine de prison ferme", explique à metronews Christophe Bertrand, avocat spécialisé dans le sport. Les juges sont allés au-delà des réquisitions du parquet, qui avait demandé huit mois de prison avec sursis et 15.000 euros d'amende. "Symboliquement, c'est sévère. Ils ont voulu marquer le coup", estime-t-il.

Forfait pour son procès

"Toute la question juridique était de savoir s'il y avait préméditation, poursuit le spécialiste en droit du sport. Une circonstance aggravante - passible de trois ans de prison et non d'une simple amende - qui a visiblement été retenue". Les arguments de la défense selon lesquels Brandao aurait eu une "impulsion subite" et "pété les plombs" suite aux insultes qu'aurait proférées Thiago Motta durant la rencontre n'ont pas convaincu. Le procureur a mis en avant "un comportement calculé", accréditant la version du milieu de terrain parisien parlant de menaces précédant l'agression. "Il m'a dit qu'il m'attendrait. J'étais loin d'imaginer qu'il le ferait vraiment", avait confié la victime au nez fracturé sans déplacement lors de son audition aux policiers.

Si au sortir du tribunal le conseil de Brandao, Olivier Martin, s'est dit "un peu sonné" par cette décision "démesurée", son client n'a pas vraiment arrangé son cas. Le président du tribunal s'est en effet montré agacé jeudi par l'absence de l'attaquant, opéré pour blessure le "jour même" de sa convocation. Au lieu de s'expliquer devant les juges, il a réservé ses excuses aux caméras de Canal + dimanche. "C'est très maladroit, commente Me Bertrand. Il a mis son avocat en difficulté dans sa propre ligne de défense". Dimanche, Brandao avait expliqué à la télévision avoir "regretté son geste tout de suite". "Je suis un joueur professionnel et je dois montrer l'exemple pour les enfants, les spectateurs, et tous ceux qui aiment le sport". Message entendu par la justice qui a voulu faire de lui un exemple.

Lire et commenter