Un "psychocat" jugé à Bobigny pour avoir torturé près de 80 chats dans un squat

FAITS DIVERS

JUSTICE - Roland, un SDF de 48 ans, comparaît mercredi 1er juin devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir tué, torturé et parfois décapité des dizaines de chats dans une ancienne station-service à Rosny-sous-Bois. La SPA veut se constituer partie civile dans cette affaire de maltraitance animale.

Un massacre. En pénétrant dans la station-service désaffectée, il y a un mois, les policiers municipaux de la ville de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) n’imaginaient pas y retrouver cette scène d’horreur. Près d’une soixantaine de chats malades, sous-alimentés, victimes d’actes de cruauté. Pire, 22 cadavres, dont certains décapités. Le tout dans des effluves pestilentielles.

Un "ami des chats" ?

Les autorités avaient été prévenues par une riveraine qui, quelques jours auparavant, avait vu le marginal tenter de vendre quatre chatons en mauvaise santé devant la sortie d’un supermarché de Rosny-sous-Bois. Immédiatement, les services de la ville s’étaient rendus dans l’ancienne station-service où le squatteur avait trouvé refuge. Une opération délicate pour la ville puisque certains riverains prenaient alors à l’époque la défense du sans-abri, qu’ils présentaient comme un "ami des chats", leur offrant nourriture et toit.

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Roland, qui sera jugé ce mercredi 31 mai à Bobigny pour maltraitance animale, est un SDF de 48 ans qui avait déjà été expulsé d’une maison mitoyenne il y a plusieurs années. L’homme était revenu et avait attiré depuis plusieurs semaines les radars de la police municipale. "Nous avions quelques signalements, mais rien de très établi. Ce n’est qu’en entrant dans le squat qu’on a découvert l’ampleur du charnier", commente auprès de metronews une source à la mairie de Rosny-sous-Bois.

Une expertise psychiatrique

En lieu et place de cette bienveillance supposée envers les félins, Roland leur faisait à l’inverse subir de véritables tortures, jusqu’à la décapitation. Plusieurs chatons ont également été retrouvés, nés au cours de leur captivité. La société protectrice des animaux (SPA) a recueilli près de 60 petites bêtes. "On les a soignés et la plupart a survécu. Mais une poignée n’a pas résisté", explique-t-on au sein de l’organisation qui a l’intention de se constituer partie civile au cours du procès.

Le prévenu devait être jugé le mois dernier. Mais le juge a ordonné une expertise psychiatrique avant de lui laisser la parole pour qu’il explique ses actes. "Sa marginalité n’a pas aidé à sa construction personnelle. C’est malheureux, mais je ne doute pas que quiconque l’examine le trouvera déséquilibré", nous avance une source proche du dossier. Dans l’attente de son procès, Roland a été incarcéré. En 2012, il avait déjà été condamné pour "mauvais traitements" par le tribunal de proximité de Bobigny. A l'époque, il lui avait été interdit de détenir à nouveau des animaux.

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