Une nounou jugée à Paris pour avoir tué les parents du bébé dont elle s'occupait

Une nounou jugée à Paris pour avoir tué les parents du bébé dont elle s'occupait

FAITS DIVERS
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PROCÈS - À compter de ce mardi 19 janvier, deux Chinois comparaissent devant les assises de Paris pour "homicides volontaires". Ils sont accusés d'avoir tué puis dépecé les parents de l'enfant dont l'accusée avait la garde. Un crime qui aurait eu lieu lorsque que le couple était venu demander des comptes à la nounou, après la mort mystérieuse de leur bébé.

Une jambe coupée à la cheville découverte par des joggeuses dans le bois de Vincennes. Puis, quelques jours plus tard, une partie de torse exhumée par un chien d’aveugle. Nous sommes en juin 2012, le dépeceur canadien Luka Magnotta vient d’être arrêté à Berlin après un court passage à Paris et les policiers pensent faire face à de nouveaux crimes sordides du tueur. Les jours passent. Neuf, précisément, avant qu’un couple de Chinois ne se constitue prisonnier et n’avoue les meurtres de leurs compatriotes. 

La femme, Hui Zhang, était la nourrice du bébé du couple dépecé. Cette étudiante venue en France pour devenir esthéticienne, raconte que l'enfant qu'elle gardait, Lucas, deux mois et demi, est mort asphyxié dans son sommeil. Elle et son ami, Te Lu, décident alors de convoquer les parents,  chez eux pour les indemniser en échange de leur silence. Mais la discussion tourne mal. Elle se saisit d’une hachette et les frappe. Avant de les découper en morceaux et de disperser leurs membres dans une poubelle et dans le bois de Vincennes. Le couple se débarrasse également du corps du bébé qui ne sera, lui, jamais retrouvé.

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Echapper à la peine de mort en Chine

Mardi matin, à l’ouverture du procès pour "homicides volontaires" devant la cour d’assises de Paris, la nourrice de 34 ans et son ami feront face à quelques proches des victimes, venus de Chine et dont le voyage, comme la loi le prévoit , a été pris en charge par la justice française. Immédiatement après les faits, les deux accusés s’étaient envolés pour leur pays d'origine, avec un aller simple, pour - avait expliqué Hui Zhang - confier son enfant à sa famille. Mais un avis de recherche avait été diffusé jusqu'en Chine. Les policiers pensent qu’ils ont voulu échapper à la peine de mort et aux conditions de détention peu dignes. Voilà pourquoi ils seraient rentrés en France, non sans prendre le soin de transférer leur argent dans leur pays d’origine, avant de se désigner aux enquêteurs de la brigade criminelle.

Au cours du procès, les proches des victimes entendent obtenir des réponses. "Ils ne sont pas poursuivis pour la mort du bébé car le juge a estimé qu’il n’y avait pas de corps, donc pas de coupable, regrettent auprès de metronews Chloé Arnoux et Yassine Bouzrou, avocats de la famille du père. Par ailleurs, l’acte était nécessairement prémédité puisqu'ils ont mis à leur portée une hachette et ont fait venir les victimes à leur propre domicile". De leur côté, la nourrice et son ami ont dit s’être protégés dans le cadre de la légitime défense. Car selon eux, les parents auraient tenté de les agresser avec une feuille de boucher lorsqu’ils ont appris la mort de leur enfant. Contacté par metronews, Eric Dupond-Moretti, l’avocat de l’ami de la nourrice, n’a pas souhaité réagir avant l’ouverture du procès.

Une personnalité que "rien ne prédisposait" à un crime aussi sordide

Les deux accusés devront également s’expliquer sur la disparition des corps et leur tentative de maquiller toutes les traces des crimes. Les enquêteurs de la brigade criminelle ont en effet décrit un appartement soigneusement lavé. Surtout la baignoire de la salle de bains où Hui Zhang a mis en route la machine à laver pour couvrir le bruit d’une scie électrique.

Loin d’être considérés comme de dangereux psychopathes, les deux accusés présentent une personnalité que "rien ne prédisposait" à un crime aussi sordide. Au contraire, la nourrice était dotée "d’une intelligence de haut niveau, d’une grande force de caractère et d’une réelle aptitude à maîtriser ses affects". "Elle a vécu dans sa vie un grand nombre de vicissitudes, a su développer des qualités d'adaptation très fortes", notent les experts. Le procès dure jusqu’à vendredi. Les deux accusés risquent trente années de réclusion criminelle.

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