Attentat de Nice : l'une des policières qui a tiré sur le chauffeur raconte

TÉMOIGNAGE - Magali est policière à Nice. Le soir du 14 juillet, elle a ouvert le feu sur le camion fou qui a laissé derrière lui 86 victimes. Pour la première fois, la jeune femme, qui est toujours en arrêt, s'est confiée au syndicat Unité SGP Police dans une vidéo mise en ligne vendredi.

Magali fait partie des policiers qui ont arrêté le camion dans sa course folle le soir du 14 juillet à Nice. La jeune policière était en poste sur la Promenade des Anglais. "Il y a eu un moment de foule, on a vu les gens courir sur la Promenade, on s’est demandé ce qui se passait", raconte-t-elle pour la première fois au syndicat Unité SGP Police Force Ouvrière, dans une vidéo mise en ligne vendredi. 


Magali ignore tout du drame qui est en train de se nouer. "On n’avait pas d’informations. Nos radios ne marchaient pas", explique-t-elle. Avec ses collègues, elle part alors en sens inverse de la foule.  "Au bout de trois secondes, on a vu surgir ce gros camion blanc qui percutait un scooter noir. J’ai cru tout de suite que c’était un gars qui était bourré. On est partis sur la cabine en criant au conducteur de s’arrêter". Mais en guise de réponse, le chauffeur prend une arme. "Il nous a tiré dessus avant d’accélérer. Sur le moment, on a pas le temps de comprendre. On comprend juste qu'on se fait tirer dessus. On a l'image de ce canon en face des yeux", se rappelle-t-elle, la voix étranglée par les larmes. 

Lire aussi

"Comme une éclaboussure... mais c'était des corps"

Magali et ses collègues se mettent à courir derrière le véhicule qui poursuit sa course meurtrière. "On a commencé à voir des gens qui sortaient sous les roues de l’arrière du camion, des gens qui étaient éjectés… comme une éclaboussure sauf que c’était des corps", souffle-t-elle. Le camion est finalement immobilisé quelques mètres plus loin grâce à l’intervention d’un civil qui a réussi à monter sur les marches de la cabine. Le conducteur freine, des policiers le rattrapent et ouvrent le feu. Magali est de ceux-là. "J’ai vu sa tête sur le côté, en sang, je me suis dit, 'c’est fini', mais en fait ça n’est pas fini...", témoigne Magali. 


Le camion fou a laissé 86 victimes derrière lui. Et des centaines de personnes blessées et traumatisées. Près de deux mois après le drame, la jeune policière est toujours en arrêt. Aujourd’hui, elle s’interroge sur le "sens de son métier". Face à la montée du terrorisme, "je me demande si c’est intéressant de continuer à faire des barrettes de shit, à mettre des PV et de ne pas utiliser notre force autrement", explique-t-elle. La jeune femme qui tente d’aller mieux ne sait pas si elle remettra un jour l’uniforme. "Oui la police, c’est ma passion mais je n’ai plus aucune certitude. Je me vois continuer mais je me vois peut-être partir", conclut-elle. 



Lire aussi

Tout savoir sur

Tout savoir sur

Attentat de Nice

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter