Val d'Isère : des frites au bas des pistes... pour quelques temps au moins

Val d'Isère : des frites au bas des pistes... pour quelques temps au moins

PROCES - Le tribunal d'Albertville (Savoie) examinait ce mardi matin le dossier de Lindsay Owen-Jones, ex-PDG de L'Oréal et de quatre de ses voisins, tous gênés par la vue et les odeurs dégagés par un snack situé au pied des pistes devant leurs appartements de Val d'Isère. La décision sera rendue fin février.

Elle pourra faire ses pommes de terre et autres paninis une partie de la saison, la moitié au moins. Ce mardi matin, Valérie Maertens, gérante du snack La Cabane à Val d'Isère s'est rendue au tribunal d'Albertville avec son conseil Me François Bern pour défendre son établissement de restauration rapide située au pied des pistes de la célèbre station.

Cette femme de 39 ans et mère de trois enfants était poursuivie par l'ancien PDG emblématique de L'Oréal et quatre de ses voisins qui ne supportent pas la présence de son restaurant devant l'immeuble abritant leur appartement. Le tribunal a mis sa décision en délibéré à fin février, permettant ainsi à Mme Maertens de profiter jusqu'à fin février au moins de l'affluence des touristes pendant une partie de l'ouverture du domaine skiable prévu jusqu'au 3 mai 2015.

"Pas de la coquetterie"

Me Laure Sauthier, avocate des plaignants s'en est pris à la manière "ridicule" dont la presse s'est fait l'écho de l'affaire. "Ce n'est pas par coquetterie que cette action est intentée", a-t-elle plaidé. Sir Owen-Jones et ses voisins ne demandent que l'application du droit, a-t-elle soutenu, pointant le fait que le snack avait été "construit sans autorisation et exploité dans l'illégalité la plus totale" depuis huit ans.

Plus qu'une baraque à frites, "La Cabane" est un véritable "restaurant" avec une terrasse de près de 150 m² couverte par un chapiteau installé sur une zone non constructible, sans aucune déclaration d'ouverture, a-t-elle détaillé, pointant aussi les "violations des dispositions du code de l'urbanisme et des règles sanitaires".

Les propriétaires du terrain, les époux Bazile, décrits comme de "riches propriétaires" qui disposent de nombreux terrains à Val d'Isère, "n'ont peur de rien et se croient, semble-t-il, au-dessus de toute loi et de toute sanction", a-t-elle accusé. "Quand on est à Val d'Isère en front de pistes, il est quand même regrettable de ne pouvoir profiter de sa terrasse, de cette vue remarquable, et d'avoir constamment sous le nez des odeurs de frites", a soutenu l'avocate.

Pas souvent là

Me François Bern, joint par metronews après l'audience, s'est étonné que Me Vercken, avocat parisien censé représenter les plaignants, ne soit pas venu défendre ses clients. "L'avocat postulant, en l'occurrence Me Sauthier, est venu... Un détail peut-être mais qu'il faut dire".

Le conseil de la gérante du snack a insisté sur l'aspect paradoxal de cette procédure, qui intervient en période de crise. "La gêne visuelle et olfactive de cinq propriétaires aisés et fortunés qui ont la chance d'avoir de magnifiques locaux en front de neige dans une des plus belles stations de France doivent-ils menacer de petits commerçants. D'autant qu'ils ne sont présents que quelques jours par an et que, j'imagine, ils skient et ne passent pas leurs journées chez eux" a insisté Me Bern. La décision sera rendue le mardi 24 février dans la matinée.

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