Valence : ce que l'on sait du conducteur qui a foncé sur quatre militaires

Valence : ce que l'on sait du conducteur qui a foncé sur quatre militaires

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FAIT DIVERS - Une voiture a foncé sur un groupe de militaires, vendredi après-midi à Valence (Drôme). Les soldats ont fait usage de leur arme. Le conducteur du véhicule a été grièvement blessé.

Les faits se sont déroulés dans le quartier Fontbarlettes, à Valence (Drôme), non loin de la mosquée de la ville. Vendredi vers 14h30, un conducteur a délibérément lancé à deux reprises son véhicule, une Peugeot 307 break rouge immatriculée en Savoie, sur quatre militaires stationnés là dans le cadre de la mission Sentinelle du plan Vigipirate, a-t-on appris auprès de la préfecture.

Après somations, ces derniers ont ouvert le feu, blessant le forcené grièvement. Touché au bras et à la jambe, il a été conduit à l'hôpital. Un militaire a été blessé au genou et au tibia. Une balle perdue a également atteint un passant au mollet, qui a lui aussi été évacué vers l'hôpital. Selon Le Dauphiné Libéré , l'examen de la voiture n'a révélé aucune présence d'arme ou d'explosif.

Inconnu des services de police

Selon les témoins de la scène, l'auteur de l'agression aurait agi seul. "On a vu cette personne, elle est d'origine maghrébine", a déclaré à l'AFP l'un des imams de la mosquée, Abdallah Dliouah. Selon des témoins cités par M. Dliouah, le conducteur n'a pas proféré de propos à connotations djihadistes au moment de l'attaque. Ses motivations sont toujours floues. L'homme a dit qu'il souhaitait "être tué par des militaires", parce qu'eux-mêmes "tuent des gens".

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Mosquée de Valence : le conducteur souhaitait "être tué par des militaires"

Selon les premiers éléments de l'enquête, l'individu serait âgé 29 ans, originaire de Bron (banlieue lyonnaise) et inconnu des services de police. Le jeune homme a été hospitalisé à Valence pour y être opéré. "Son pronostic vital n'est pas engagé", selon les ministères de la Défense et de l'Intérieur. A cause de l'état médical du suspect, son audition n'a pu commencer que ce samedi matin. Dans un point presse donné dans l'après-midi, le procureur de Valence, Alex Perrin, a évoqué "un comportement individuel", ajoutant que la "piste terroriste est actuellement écartée".

Le parquet antiterroriste ne s'est pas saisi

"Le parquet de Paris a estimé qu'il n'y avait pas matière à retenir sa compétence en l'état des vérifications et des perquisitions", a ajouté le procureur. "Rien ne renvoie sur l'appartenance à un réseau quelconque", a-t-il dit. Pour autant, l'agresseur aurait fait part devant les secouristes "de sa volonté de se faire tuer par des militaires et de tuer des militaires", au motif que ceux-ci "tuaient les gens", a encore dit le magistrat.

La grande mosquée de Valence - la seule de la ville - est un lieu très calme, "où le culte se passe de manière apaisée" a expliqué le maire LR de Valence, Nicolas Daragon. "C'est une mosquée modérée et calme". Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a condamné "avec la plus grande fermeté" l'"agression lâche" commise devant la mosquée.

Un très important dispositif de sécurité a été déployé sur les lieux. Le maire de Valence, Nicolas Daragon, ainsi que le procureur de la République de Valence, Alex Perrin,  se sont rendus sur place. Sur Twitter, Manuel Valls a apporté son soutien aux militaires, tout comme Jean-Yves Le Drian et Bernard Cazeneuve.

Le ministre de l'Intérieur a salué ce samedi le "sang-froid" des quatre militaires attaqués. "Je veux rendre hommage à ces militaires et en particulier au 1ère classe Roland, du 93e régiment (artillerie de montagne) de Varces (Isère), qui est blessé", a déclaré Bernard Cazeneuve à Amman, en marge d'une tournée de Nouvel An auprès des soldats déployés au Moyen-Orient.

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