Victimes des attentats de Paris : que veut-on dire quand on parle d’"urgence absolue" ?

Victimes des attentats de Paris : que veut-on dire quand on parle d’"urgence absolue" ?

FAITS DIVERS
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TERRORISME - Environ 80 victimes des attentats de Paris sont en état "d’urgence absolue". Le terme a été d’abord employé par les Hôpitaux de Paris en charge des blessés, et repris par les médias. Que veut-il dire concrètement ?

"Urgence absolue." Le terme circule depuis vendredi pour parler de la situation de certaines des victimes touchées dans les attentats de vendredi soir à Paris. Au dernier bilan des Hôpitaux de Paris, 300 personnes avaient été prises en charge samedi, 80 étant en situation "d’urgence absolue", 177 en "urgence relative". 43 personnes impliquées (témoins ou proches) ont également été prises en charge. A 19 heures samedi, 109 personnes étaient déjà ressorties des hôpitaux Saint-Louis, de la Pitié-Salpêtrière, Pompidou, Henri-Mondor, Lariboisière, Saint-Antoine, Bichat ou encore Beaujon.

Que signifie concrètement ce terme d’urgence absolue ? En fait, l'expression n’a rien à voir avec un quelconque bilan chiffré, mais bien plus l’état dans lequel se trouvent les victimes. Les services d'urgence, pompiers ou corps médical, utilisent en fait plus souvent le terme de "pronostic vital engagé". "Le terme est rarement employé, mais signifie que des victimes sont dans un état grave : elles peuvent se vider de leur sang, être entre la vie et la mort, et peuvent décéder si elles ne sont pas prises en charge très vite", explique à metronews la Fédération des cliniques et hôpitaux privés de France, qui a aussi accueilli une vingtaine de blessés pour soulager les hôpitaux public. Des victimes qui doivent donc être prises en charge dans les plus brefs délais.

Gros dégâts

Vendredi soir, les urgentistes ont en effet vu affluer en très peu de temps de très nombreux blessés, pour beaucoup par balles. Sollicités par l’AFP, de nombreux médecins parlent des "dégâts considérables" provoqués par ces balles de gros calibre tirées par les terroristes, armés notamment de fusils d'assaut Kalachnikov et portant des ceintures d'explosifs : dégâts musculaires, osseux, lourdes hémorragies.

Le plus important pour faire face à cette "urgence absolue", a ainsi été l’organisation des services, et notamment la répartition des patients dans les hôpitaux « afin de leur donner toutes leurs chances" de survie, a expliqué pour sa part à l'AFP le Pr Didier Journois, du service anesthésie réanimation de l'hôpital Georges-Pompidou. Ceux qui ne représentaient pas une urgence absolue ont été "stabilisés" et placés sous surveillance.

Pour être plus réactifs, le Plan blanc a été mis en place vendredi dès 22h30. Ce plan, qui permet aux établissements de santé de mobiliser et d’organiser immédiatement les moyens humains et matériels pour faire face à l’afflux de patients, implique notamment de déprogrammer les activités non indispensables, d’ouvrir des lits supplémentaires, de renforcer ponctuellement les équipes. Les pathologies bénignes ont ainsi été renvoyées chez elles. Chacun est également invité à ne pas surcharger les lignes du Samu pour des situations non urgentes.

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