Rouen : un an après le drame du Cuba Libre, les familles des victimes leur rendent hommage

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HOMMAGE - Il y a un an, dans la nuit du 5 au 6 août, 14 jeunes trouvaient la mort dans l'incendie du bar "Au Cuba libre" à Rouen, un établissement qui dérogeait aux règles de sécurité les plus élémentaires. Un an après, à l'initiative des familles, un hommage sera rendu aux victimes ce dimanche. Les deux gérants, eux, attendent leur procès.

Un hommage aux victimes  a lieu ce dimanche devant le bar "Au cuba Libre", un petit bar autrefois très fréquenté de la rive  gauche de Rouen, non loin des quais de Seine. L’établissement a été détruit par un dramatique incendie dans la nuit du 5 au 6 août 2016, il y a tout juste un an. Ses deux gérants ont, depuis, été mis en examen. Le procès doit avoir lieu dans les prochains mois, peut-être en 2018.  


Les frères Boutrif, mis en examen pour "homicides  et blessures involontaires aggravées par violation délibérée d'une obligation  de sécurité", laissés libres sous contrôle judiciaire, attendent leur jugement  en correctionnelle. Ils ont reconnu les faits et encourent cinq ans de prison.


Certaines familles ne comprennent pas qu'ils n'aient pas été placés en  détention provisoire. "C'est insoutenable pour elles", assure Dominique  Lemiegre, avocat des parents d'une jeune fille décédée dans l'incendie. "Le  travail de deuil ne pourra véritablement se faire qu'après un procès public". 

Indemnisations négociées à l’amiable

Sur le plan civil, les avocats et les associations de victimes négocient à  l'amiable les indemnisations auprès de l'assureur du bar, la compagnie Axa. Le drame a d'autant plus bouleversé la cité normande qu'il est survenu dix  jours après l'attentat jihadiste de Saint-Étienne-du-Rouvray, à quelques  kilomètres de là. Le maire Yvon Robert (PS) se souvient avoir été réveillé vers 01H00 du  matin. "On m'a parlé d'explosion avec plusieurs personnes décédées",  raconte-t-il à l'AFP. "Quand on arrive sur les lieux, c'est épouvantable, je ne  suis pas prêt d'oublier", soupire-t-il.

Porte de secours verrouillée

Au sous-sol, dans une cave prévue pour le stockage, ils avaient aménagé une  petite boîte de nuit, non déclarée, et recouvert les murs et le plafond d'une  isolation phonique en mousse de polyuréthane, hautement inflammable. C'est là qu'une vingtaine de jeunes, tous âgés de 18 à 25 ans à l'exception  d'un homme de 41 ans, s'étaient réunis pour fêter les 20 ans d'Ophélie et le  départ de Zacharias, dit "Zac", le DJ du lieu. Par un escalier très raide, une jeune fille descend le gâteau, avec une  bougie "feu de Bengale", qui fait des étincelles. En touchant le plafond, les  flammèches provoquent l'embrasement. Des fumées toxiques se répandent instantanément. Treize personnes vont  mourir asphyxiées. Une quatorzième, Karima, hospitalisée à Paris, succombera  quelques jours plus tard.


Plusieurs personnes réussissent à fuir par l'escalier, six au prix de  graves blessures. Dans la cave, certains jeunes tentent en vain d'ouvrir la porte de secours  qui permet de rejoindre un parking, derrière l'immeuble. Mais elle est  verrouillée. D'autres cherchent à se réfugier dans la petite cabine-fumoir, à  la recherche d'oxygène, en vain. Au rez-de-chaussée et sur la terrasse installée sur le trottoir, c'est la  panique. Les pompiers et le SAMU arrivent sur les lieux et délivrent les premiers  soins de l'autre côté de la chaussée. Pour les victimes, emprisonnées dans la  cave, il n'y a plus d'espoir.

Lieu de mémoire

Depuis, la façade orange et bordeaux du bar est devenue un lieu de mémoire.  Les noms des victimes y sont affichés avec des dessins d'angelots : Ophélie,  Karima, Zacharias, Romain, Julie, Jennifer... Une plaque a également été posée  à côté par la mairie en mémoire des victimes. Dimanche, c'est Naomie, la meilleure amie d'Ophélie, qui organisera  l'hommage prévu devant le bar. Elle n'était pas à l'anniversaire. "J'ai été  prévenue de sa mort par le commissariat qui avait vu sur son portable tous les  messages que je lui avais laissés", raconte-t-elle à l'AFP.

En vidéo

SEPT À HUIT - Incendie du bar Cuba Libre à Rouen : les graves manquements des gérants

   

Depuis le drame, les 24 bars à ambiance musicale de Rouen également classés  en 5e catégorie, donc sans contrôle obligatoire, ont été inspectés. Selon le  maire, quatorze ont été totalement ou partiellement fermés pour des travaux de  mise aux normes.

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