VIDÉO - Affaire Grégory : ce qui a été reproché à l'instruction du juge Lambert

ENQUÊTE – Il a été le premier à mener les investigations après l’assassinat du petit garçon dans les Vosges en 1984. Alors jeune juge d’instruction, Jean-Michel Lambert, décédé mardi soir, a été très critiqué sur sa gestion du dossier, au point d’en être dessaisi au bout de deux ans. Retour sur les trois principaux reproches qui lui ont été faits.

Jeune, inexpérimenté et trop bavard avec la presse. Pour son premier poste en tant que juge d’instruction, Jean-Michel Lambert, retrouvé mort mardi soir, hérite du fait divers qui va bouleverser la France pendant des années. Nous sommes en 1984, il a 32 ans et est chargé d’enquêter sur l’assassinat de Grégory Villemin, quatre ans, dont le corps est retrouvé pieds et poings liés dans la Vologne. 


"Il ne maîtrisait pas la procédure. Certains de ses actes ont eu des conséquences irréparables", selon Laurence Lacour, qui a couvert l'affaire pour la radio Europe 1 et en a tiré un livre, "Le Bûcher des innocents". 

  • 1La libération de Murielle Bolle

    Propulsé sous les projecteurs, le magistrat avait surpris en multipliant les confidences à la presse dès les premiers jours de l'enquête.  Il avait notamment révélé aux journalistes l'identité et la teneur des accusations portées par la jeune Murielle Bolle. Alors âgée de 15 ans, elle accuse son beau-frère, Bernard Laroche, d’avoir enlevé Grégory et est renvoyée chez elle. Le cousin du père du garçon est inculpé d’assassinat et écroué. Deux jours plus tard, Murielle Bolle revient sur ses propos. En cause selon certaines sources ? Des violences familiales l’auraient contrainte à se rétracter.

  • 2La libération de Bernard Laroche

    Pourtant inculpé, Bernard Laroche est remis en liberté quelques mois plus tard. "En l’état actuel du dossier, j’estime qu’il n’y a pas de charges suffisantes contre lui", déclare le juge Lambert au début de l’année 1985. Fin mars, Bernard Laroche est tué d’un coup de fusil par la père de Grégory, Jean-Marie Villemin. Le juge, qui ne lui avait pas donné de protection policière, garde sa mort sur la conscience. Trente ans après les faits, Jean-Michel Lambert se disait toujours persuadé de l'innocence de Bernard Laroche, laissant planer le doute sur Christine Villemin, la mère de l’enfant.

  • 3La mise en accusation de Christine Villemin

    Le 5 juillet 1985, la mère de Grégory est désignée comme possible corbeau par des graphologues. Inculpée (ndlr : la mise en examen n'existait pas à l'époque), elle passe quelques jours en prison avant d’être libérée. Son arrêt de renvoi aux assises, rendu en décembre 1986, est cassé en 1987. Il faudra attendre le 3 février 1993 pour la voir bénéficier d’un non-lieu pour absence totale de charges, une première en droit pénal. Quelques mois plus tard, lors du procès de Jean-Marie Villemin devant les assises de Dijon pour l'assassinat de Bernard Laroche, Jean-Michel Lambert avait été sévèrement taclé par l'avocat général. Le représentant de l'accusation l'avait qualifié de "mémorable funambule de la pensée", dont il espérait qu'il avait "conscience des catastrophes dont il avait été indirectement la cause".

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