VIDÉO - Affaire Grégory : qui était Jean-Michel Lambert, surnommé le "petit juge" et retrouvé mort mardi soir ?

FAITS DIVERS
DISPARITION - Jean-Michel Lambert, le premier juge d'instruction en charge de l'affaire Grégory, a été retrouvé mort ce mardi soir à son domicile du Mans (Sarthe). Il fut longtemps désigné comme l'un des responsables du fiasco judiciaire de cette retentissante énigme.

"Bouffé", "meurtri", "marqué à vie". L'ex-juge Jean-Michel Lambert, connu pour avoir été le premier à instruire l'affaire Gregory, aura jusqu'au bout porté sur ses frêles épaules cette incroyable énigme judiciaire, récemment relancée avec la mise en examen de trois proches de la famille Villemin dont Murielle Bolle, témoin-clé de l'affaire. Il a été retrouvé mort ce mardi soir à son domicile du Mans (Sarthe). La piste du suicide est privilégiée. Son corps a été découvert dans son bureau avec un sac plastique noué sur la tête à l'aide d'un foulard, selon une source proche du dossier, confirmant une information du Parisien

Investigations bâclées, erreurs de procédure...

Jean-Michel Lambert a longtemps été désigné comme l'un des responsables du fiasco judiciaire de l'affaire Gregory, avant de retomber dans l'anonymat des prétoires. Il a 32 ans quand on retrouve, le 16 octobre 1984, le cadavre du garçonnet de quatre ans, ligoté dans la Vologne. Il est alors seul juge d'instruction à Epinal (Vosges), son premier poste, sous le regard d'une presse surexcitée. Ses lunettes d'étudiant en droit, ses costumes gris trop larges pour l'une des plus grandes énigmes criminelles du XXe siècle, font rapidement la une des médias. "Je n'étais pas trop jeune, mais débordé. J'avais des centaines de dossiers à traiter. Au début, je n'ai pas pu accorder toute l'attention qu'elle méritait à cette affaire", reconnaissait-il à l'époque.


Inculpations et incarcérations infructueuses - celle de Bernard Laroche puis de Christine Villemin, la mère de l'enfant -, investigations bâclées, erreurs de procédure, violation du secret de l'instruction : pour beaucoup, le magistrat est en partie responsable de ce fiasco. "Ce n'était pas un mauvais bougre, mais il ne maîtrisait pas la procédure. Certains de ses actes ont eu des conséquences irréparables", estimait ainsi Laurence Lacour, qui avait couvert l'affaire pour Europe 1. Il a notamment été rappelé, après le placement en garde à vue de Mureille Bolle, qu'à l'époque, il avait tardé à l'entendre, préférant partir en week-end.

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"Placardisé"

"J'avais des accès de boulimie, je voyais se profiler une dépression", racontait-il en 1986, année où il demande à être dessaisi de l'affaire. Il ne reviendra jamais à l'instruction. Nommé en 1988 juge du siège à Bourg-en Bresse (Ain), il part en 2003 au tribunal de grande instance du Mans, où il terminera sa carrière. "J'ai été placardisé, mais cela m'a permis de rester au plus près des justiciables", philosophait-il.


Jean-Michel Lambert se consacra ensuite à l'écriture. Son premier ouvrage, "Le Petit Juge", provoque un scandale lors de sa sortie en 1987. Il y évoque son "atonie sexuelle" pendant qu'il instruisait le dossier Grégory, "le charme étrange" de Christine Villemin, ses larmes lorsqu'il l'a inculpée de l'assassinat de son fils. Rien ne prédestinait en fait le "petit juge" d'Epinal, comme il a été surnommé, à hériter d'un dossier aussi colossal que l'affaire Grégory.

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