VIDÉO - Cerf tué dans un jardin privé : la Société de Vénerie suspend le chasseur

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POLEMIQUE - La Société de Vénerie a publié jeudi les conclusions de son enquête après l'abattage d'un cerf dans le jardin d'une maison de Lacroix Saint-Ouen. Si elle soutient le maître d'équipage qui fait l'objet de nombreuses de menaces de mort, l'association qui gère la chasse à courre en France l'a suspendu temporairement pointant les "négligences" commises.

Des "négligences" mais pas "d’infraction". C’est ce que pointe l’enquête menée par la Société de Vénerie, qui gère la chasse à courre sur le territoire national, dans l’affaire du cerf tué dans un jardin privé à Lacroix-Saint-Ouen (Oise). Samedi 21 octobre, un cerf avait été abattu après s’être réfugié dans une propriété privée au terme d’une chasse à courre débutée dans la forêt de Compiègne. Depuis, les défenseurs des animaux et les pro-chasse se déchirent sur les réseaux sociaux. Le maître d’équipage qui a tiré sur le cerf fait quant à lui l’objet de menaces de mort et a déposé plainte, comme il l’expliquait à LCI en début de semaine. Face à cette "campagne de diffamation" "intolérable",  la Société de Vénerie explique avoir décidé de se porter civile aux côtés d'Alain Drach.  


Concernant l’enquête, l’association dit avoir entendu notamment les autorités municipales, la gendarmerie, les propriétaires des jardins où s’était réfugié l’animal et le maître d’équipage. Selon elle, l’équipage avait décidé "de gracier" le cerf "qui a terminé sa course chez des habitants du village". "Sous l’autorité de la gendarmerie, plusieurs tentatives infructueuses ont été menées pour repousser le cerf en forêt. Pour des raisons de sécurité et de tension palpable dans le village, la gendarmerie a donné l’instruction à Monsieur Drach, maître d’équipage de La Futaie des Amis, de tirer l’animal", rapporte-t-elle dans son communiqué. 

"Revenir à un climat apaisé"

La Société de Vénerie estime qu’il n’y a "pas eu d’infraction au regard de la loi » puisque les « chiens n’ont pas quitté le territoire de la forêt domaniale" et que "la gendarmerie a été prévenue". "Après avoir contacté par téléphone la propriétaire, absente au moment des faits, la gendarmerie a décidé de faire tirer l’animal considérant qu’il ne pouvait pas revenir en forêt sans danger pour la population locale", poursuit-elle. La propriétaire interrogée par France 3 affirme, elle, n’avoir jamais donné son accord pour que l’animal soit abattu.


Mais la Société de Vénerie reconnaît des « négligences » de la part de l’équipage. "Compte tenu de l’arrêté municipal qui a été pris il y a quelques années pour interdire la chasse à courre dans le village, l’équipage aurait dû considérer que la zone était, en tout état de cause, sensible et par conséquent prendre toutes les dispositions pour éviter que la meute ne s’approche du lotissement". En conséquence, l’association a décidé de suspendre de ses fonctions de maître d’équipage Alain Drach jusqu’à la fin de la saison. L’équipage concerné doit par ailleurs annuler toutes ses chasses pendant un mois, pour "revenir à un climat apaisé". 

"Manœuvre pour dédouaner la chasse"

Le collectif  AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd'hui) qui a diffusé la vidéo du cerf dans le jardin privé avant d'être tué, considère que cette enquête est "une manœuvre pour dédouaner la chasse à courre en général, faisant du carnage de samedi dernier un cas isolé "rarissime". "Les habitants des villages de forêt savent très bien que c’est faux, ajoutent-t-ils. La seule différence entre ce cas et ceux de Saint Gobain, Prémontré, [...] c’est la présence d’images pour le prouver". 


Les défenseurs de la cause animale se félicitent néanmoins que "la pression morale" ait "porté ses fruits".  "L’absence de cet équipage de la forêt pendant 1 mois (8 chasses) va permettre de sauver la vie potentiellement à 8 cerfs", conclut le collectif qui dit rester vigilant face à cette "pratique barbare, féodale et anti-démocratique".

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