VIDÉO - Incendie à la gendarmerie de Meylan : un acte "particulièrement inquiétant" pour le procureur

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INVESTIGATIONS- Au lendemain de l'incendie criminel visant la gendarmerie de Meylan, dans l'Isère, le procureur de la République de Grenoble, Jean-Yves Coquillat, a jugé "particulièrement inquiétant" que les militaires et leurs familles aient été "directement visés" dans cette attaque.

"Un nouveau cap a été franchi". Le commandant du groupement de gendarmerie de l'Isère, le colonel Yves Marzin, ne décolère pas ce jeudi au lendemain de l'incendie criminel qui a détruit quatre voitures et une moto dans l'enceinte de la gendarmerie de Meylan. "Cet acte visait non pas les locaux et bureaux de la gendarmerie mais clairement les véhicules privés et les familles", a-t-il dit.


Lors d'une conférence de presse commune, le procureur de la République de Grenoble a de son côté montré le même agacement. "De tels actes peuvent s'apparenter à des actes de terrorisme", a -t-il lancé, parlant de "faits d'une gravité extrême" et d'un modus operandi "assez professionnel". Jean-Yves Coquillat a indiqué que ce sinistre aurait pu avoir des conséquences "dramatiques" si les militaires n'avaient pas été réveillés au milieu de la nuit par l'odeur du feu. 


Le magistrat a souligné que ce sont des familles "qui ont été attaquées dans leur domicile au creux de la nuit". Il y voit "une volonté de s'en prendre aux militaires et à leur familles dans un endroit sacré qui est leur domicile", où ils peuvent "se croire en sécurité". Le procureur a fait à cet égard le parallèle avec l'assassinat de deux policiers à leur domicile à Magnanville (Yvelines) en juin 206 (acte qui a été revendiqué par Daech).

Des similitudes "troublantes"

Même s'il a relevé "une unité de temps et de lieu assez troublantes" avec l'incendie de la caserne du groupement de gendarmerie de Grenoble, le 21 septembre, Jean-Yves Coquillat n'a pas confirmé la piste "anarcho-libertaire" suspectée dans cette affaire. Mais celle-ci "n'est pas écartée dans la mesure où (ses membres) ont un savoir-faire".


Si elle devait être confirmée, cette piste traduirait un "crescendo assez inquiétant", car ce sont cette fois des hommes qui étaient visés. Evoquant des "techniques de sabotage", le procureur a confirmé qu'un cadenas avait été posé sur le portail d'entrée de la brigade "probablement pour gêner l'entrée des secours ou empêcher les gendarmes de s'échapper".

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a pour sa part condamné dans un communiqué un "acte criminel" qui "aurait pu

avoir des conséquences humaines dramatiques".

"Tous les moyens sont mobilisés pour que les auteurs de ces actes aient à en répondre devant la justice", assure Gérard

Collomb dans son communiqué. Le secrétaire général adjoint des Républicains, Eric Ciotti, a pour sa part réclamé des "sanctions exemplaires". "Un mois après l'incendie criminel revendiqué par des groupuscules violents d'extrême gauche, l'autorité de l'Etat est de nouveau prise pour cible à Meylan", a-t-il déclaré dans un communiqué. "L'Etat ne doit pas faire preuve de faiblesse pour ce qui s'apparente à une tentative d'intimidation abjecte." 

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