VIDÉO - Pour arrêter un trafiquant de drogue, des policiers marseillais enfilent qamis et voile intégral

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SUBTERFUGE - Deux policiers de la brigade spécialisée de terrain, déguisés en qamis et voile intégral, ont interpellé un individu dans le cadre d'une lutte contre le trafic de stupéfiant. L'interpellation a été filmée par un témoin. Diffusée sur les réseaux sociaux mercredi soir, la vidéo a suscité depuis de nombreuses réactions.

"Oh la la, ils l’ont pété en qamis. Ils l’ont pété en qamis. Oh, relâchez-le ! Oh bande de putes en qamis !...  L’auteur de la vidéo postée mercredi soir vers 22 heures sur les réseaux sociaux et qui a été vue et partagée depuis des milliers de fois ne mâche pas ses mots pour commenter la scène à laquelle il vient d’assister et qu’il a immortalisée.


Les images ont été tournées mercredi à 13h10 dans le quartier de la Bricarde, dans le 15e arrondissement de Marseille dans les Bouches-du-Rhône. Un couple vêtu d’un Qamis et d’un Jilbab interpelle un homme dans la rue, rejoint très vite par un policier en tenue. Le modus operandi comme les  vêtements choisis ont suscité bien des réactions depuis. 

"Les effectifs, comme bien souvent, ont utilisé un subterfuge pour s'approcher du dealer"

Interrogé par LCI, le service communication Direction départementale de la sécurité publique des Bouches-du-Rhône (D.D.S.P.) précise qu’il faut remettre cette vidéo dans son contexte. "Il s’agit du démantèlement d’un point de stupéfiants de proximité qui a été réalisé par la brigade spécialisée de terrain (BST). Les effectifs, comme bien souvent, ont utilisé, après une heure de surveillance, un subterfuge pour pouvoir s’approcher du dealer et ils l’ont attrapé. Immédiatement après, ils ont pu l’extraire sans qu’il n’y ait de blessé. Tout ça s’est fait dans le calme et sans violence", se félicite la DDSP.


Dans la sacoche de cet homme âgé de 31 ans et connu des services de police, 1,2 kilo de cannabis et 300 euros. Par ailleurs, un acheteur et un "trésorier", âgé de 24 ans, ont été interpellés dans le cadre de cette opération. L’acheteur a été remis en liberté, les deux autres étaient toujours en garde à vue ce jeudi après-midi. 

"S’adapter à la typologie"

Passés les faits, la DDSP s’explique sur le choix des vêtements portés par deux policiers sur les douze présents au cours de cette opération.  "Pourquoi avoir choisi ces vêtements ? Il faut qu’on renouvelle nos techniques et nos subterfuges. On essaie de s’adapter au maximum à la typologie pour pouvoir pénétrer sans problème et discrètement sur les lieux où l’on veut interpeller des individus. Par exemple, si on veut surveiller des gens sur la plage, on n’y va pas en tenue. Pour chaque endroit, il faut faire preuve d’ingéniosité. Là, en arrivant avec ces chemises qui permettent de se faire passer pour un couple et de pouvoir pénétrer sans problème dans l’endroit ciblé ça a été parfait. Les policiers sont très contents de leur travail. Ils ont démantelé un trafic de proximité qui se faisait dans un hall d’immeuble et qui gênait particulièrement les habitants", explique-t-on à la DDSP. 


 "Je ne vois pas très bien pourquoi cette vidéo suscite des réactions négatives. Parfois, il faut interpeller en se fondant dans la masse...  commente pour sa part Luc Poignant du Syndicat Unité Police SGP-FO interrogé par notre rédaction sur le sujet. Quand on a besoin d'interpeller en costume-cravate, ça ne choque personne. Quand on a besoin d'interpeller en jean-baskets avec des cheveux longs et une barbe de trois jours, ça ne choque personne, mais là, ça choque. Il faut qu'on m'explique". 

Quand on a besoin d'interpeller en jean-baskets avec des cheveux longs et une barbe de trois jours, ça ne choque personne, mais là, ça choque!Luc Poignant, du syndicat Unité Police SGP-FO

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