VIDÉO - Rebondissement dans l'affaire du petit Grégory : retour sur les 32 ans de feuilleton judiciaire

RETOUR SUR - Trente-deux ans après les faits, trois membres de la famille Villemin ont été arrêtés ce mercredi 14 juin et placés en garde en vue. Retour sur une affaire sur laquelle tout a été écrit et qui est considérée comme l'une des plus grandes énigmes criminelles françaises du XXe siècle.

Coup de théâtre. Trente-deux ans après le meurtre du petit Grégory Villemin, trois personnes ont été placées en garde à vue mercredi, a appris LCI de source proche de l'enquête, confirmant une information de l’Est Républicain.  Ces trois membres de la famille Villemin, interpellés dans les Vosges, étaient toujours entendus jeudi à Dijon. Retour sur une affaire hors normes. 

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Affaire Grégory : rebondissement 32 ans après les faits

Un fait divers qui a fasciné l'opinion et la presse

16 octobre 1984 : le corps du petit Grégory, 4 ans, est découvert pieds et poings liés, dans les eaux glaciales de la Vologne. C'est le début d'une enquête qui ne se refermera jamais et d'un des plus grands fiascos de l'histoire judiciaire française. "Dès le départ de l’enquête, le juge Lambert a fait des erreurs monumentales", nous expliquait en 2014 Me Thierry Moser. L'avocat des parents de la petite victime ne décolérait pas contre le premier juge d'instruction qui en 1985, signe un spectaculaire coup de théâtre en portant ses soupçons sur la propre mère de l'enfant. "Il y a toujours, chez certains, une espèce de jubilation malsaine à voir une mère sorcière", s'agaçait-il. Il faudra attendre 1993 pour que Christine Villemin soit totalement innocentée au terme d'un non-lieu retentissant pour "absence totale de charges".


Tout sera dit et écrit sur l'affaire Grégory. Depuis le début, le fait divers fascine la presse, d'autant plus qu'un corbeau revendique le meurtre. La scène de crime est souillée par les gendarmes, les médias, les badauds et la France suit au quotidien le dossier, tel un polar rythmé par ses innombrables rebondissements : l’arrestation d'un cousin de la famille, Bernard Laroche, puis le meurtre de celui-ci un mois après par le père du petit Grégory, Jean-Marie Villemin, persuadé qu'il a tué son fils.

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Les protagonistes de l'affaire Grégory Villemin

"Une journée d''anniversaire' douloureuse'"

En 2008, l'affaire sera rouverte pour tenter de confondre d'hypothétiques traces d'ADN sur les scellés. Certains mélanges génétiques ont pu être isolés, et sont toujours en cours de comparaison avec 280 personnes figurant dans le dossier. "Tout a été repris, revérifié. On a mis beaucoup de moyens pour permettre d'avancer", assurait en 2014 à l'AFP Jean-Jacques Bosc, le procureur général de Dijon en charge du dossier. Mais l'homme sait que la détérioration de certains scellés par de précédentes expertises et les conditions de conservation rendent la tâche plus que complexe.


"Je garde espoir de connaître la vérité mais cet espoir est très mesuré. Les experts qui travaillent aujourd'hui sur le dossier sont compétents et pointus. Mais ils ne peuvent pas faire de miracles non plus", reconnaissait Me Moser. La famille Villemin, elle, veut y croire. "Ils sont combatifs, poursuivait l'avocat. Evidemment, cette journée d''anniversaire' sera douloureuse". Avec ces nouvelles arrestations, tous les espoirs sont de nouveau permis.

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